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Une fanfiction est une manière pour la culture de réparer les dégâts commis dans un système où les mythes contemporains sont la propriété des entreprises au lieu d'être celle du peuple.
 
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 Doute [En cours]

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a.a.k



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Localisation : With the hotness of Jensen Ackles

MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:50

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Elizabeth étant partie à la cour, rendant visite à ses parents, Hatfield était un endroit très calme, surtout que la plupart des servantes de l'enfant l'avaient accompagnées à Whitehall, mais cela était une situation qui ne déplaisait pas entièrement à Mary.

Quand les messagers du Roi étaient arrivés au Château de Ludlow deux ans et demi plus tôt, portant des ordres que sa domesticité déjà réduite allait être totalement dissoute et qu'elle allait devoir se retirer à Hatfield, où la fille nouvellement née d'Anne avait sa propre domesticité royale, Mary avait été indignée par la suggestion qu'il soit exigé qu'elle, la Princesse légitime d'Angleterre et de Galles, partage une domesticité avec la fille illégitime de la Marquise de Pembroke au lieu de continuer à résider au Château de Ludlow avec sa propre suite, comme il convenait à sa position. Elle avait encore été plus indignée lorsqu'elle avait lu le message elle-même, voyant que son titre approprié de Princesse avait été omis et que, à la place, elle était simplement appelée Lady Mary, la fille naturelle du Roi, mais davantage d'indignations l'attendaient, auxquelles elle ne s'attendait pas.

L'enfant Elizabeth avait été proclamée Princesse d'Angleterre quand elle avait été baptisée, un titre usurpé à Mary pour que sa demi-sœur bébé puisse le porter mais, ne s'en satisfaisant pas, le Roi – sous la pression d'Anne, Mary en était sure, incapable de croire qu'un tel ordre ait pu venir du cœur de son père – avait ordonné que, alors que sa nouvelle fille allait obtenir son propre établissement et sa propre domesticité royale, Mary allait être désignée comme l'une des demoiselles-de-compagnie s'occupant de l'enfant, pas différente de n'importe quelle autre dames qui seraient désignées à ce poste, avec les mêmes devoirs à accomplir et le même rang au sein de la domesticité du bébé.

Il était son père et son Roi et Mary savait que cela lui devait obéissance, à la fois en tant que fille et en tant que sujet, du moins dans tous les domaines ne touchant pas à sa conscience. Bien qu'il serait désagréable d'avoir à le faire, s'il donnait l'ordre qu'elle devienne membre de la domesticité d'Elizabeth, s'il commandait qu'elle devienne l'une des servantes d'Anne, il était de son devoir de lui obéir. Cependant, elle savait bien que son assignation dans la domesticité du bébé Elizabeth était destinée à envoyer un message à tout le monde, allant d'elle-même aux gens ordinaires à l'Empereur d'Espagne, que l'enfant était la Princesse légitime tandis que Mary n'était rien d'autre qu'une bâtarde et elle rechignait à l'idée d'envoyer un tel message avec docilité.

Elle ne pouvait permettre à personne de penser qu'elle avait abandonné, ni qu'elle reconnaissait qu'il y avait une quelconque vérité dans les déclarations de son père qu'il n'avait jamais été légitimement marié à sa mère, qu'elle était une bâtarde, qu'Anne était sa véritable épouse et que leur petite fille était son héritière légitime jusqu'à ce qu'un fils naisse, surtout que sa mère serait sûre d'en entendre parler si cela était le cas – il y aurait de nombreuses personnes, comme le père d'Anne, qui seraient ravies de lui dire que sa fille avait cédé et qu'elle se retrouvait toute seule, espérant qu'en faisant cela, ils pourraient la forcer à céder elle-même, lui montrant le désespoir de sa position – et d'être dévastée si jamais elle pensait que Mary avait abandonné, après tout ce qu'elle avait sacrifié pour protéger les droits de sa fille et sa position.

Elle n'avait pas pu accepter docilement les ordres, pas sans faire clairement comprendre ce qu'elle en pensait à son père, à Anne et à tous ceux qui cherchaient à faire avancer la cause du bébé et à la priver de ses droits. La lettre qu'elle avait envoyée à son père, demandant innocemment que “l'erreur” concernant son titre approprié et ses droits de Princesse de Galles soient corrigés le plus vite possible, avec sa confirmation qu'elle était et avait toujours été sa fille légitime et sa véritable héritière, n'avait pas reçu de réponse et elle n'en avait pas attendue mais, tout ce qui importait, était que Mary l'avait envoyée, protestant formellement contre la manière dont elle était traitée et faisant valoir ses droits en tant que seule enfant véritable du Roi.

Après ça, elle avait pu aller à Hatfield avec une conscience tranquille, si pas le cœur léger.

Elle n'avait pas été à Hatfield plus d'une heure avant qu'il ne devienne parfaitement clair pour elle que son assignation dans la domesticité d'Elizabeth était destinée comme une punition pour elle, un signe que, tant qu'elle restait fidèle à la vérité, tant qu'elle refusait de répudier sa mère en faveur d'Anne et d'abdiquer ses propres droits en faveur de la petite fille d'Anne, son défi aurait un prix. Elle serait la servante de la fille de la catin, logée dans une chambre étroite, lugubre, et forcée de servir l'enfant comme si elle était subalterne, comme si elle était égale aux filles désignées pour servir Elizabeth, ou peut-être même inférieure à elles – la manière dont Lady Bryan la traitait indiquait certainement qu'elle la considérait inférieure aux autres servantes, et elle faisait souvent sèchement remarquer que, au moins, les autres filles étaient légitimes.

Ils s'attentaient à ce qu'elle défère à la petite Elizabeth en tant que Princesse d'Angleterre et traite l'enfant avec l'honneur qu'une véritable princesse mérite, donnant priorité à l'enfant à tout instant et faisant révérence en sa présence mais, bien qu'elle effectuait les tâches qui lui étaient assignées à contrecœur, comme le Roi l'avait commandé, ce qui signifiait qu'elle ne pouvait pas désobéir, même si les tâches devenaient de plus en plus lourdes tandis que Lady Bryan et le chambellan d'Elizabeth réalisaient jusqu'où ils pouvaient aller pour l'humilier sans répression, elle n'était pas prête à prétendre qu'Elizabeth était la Princesse et pas elle, peu importe les ordres qu'elle recevait à cet effet.

Son père reconnaissait que l'enfant était à lui – bien qu'avec une mère comme Anne, qui pouvait dire qui avait vraiment engendré son enfant? – et elle allait donc appeler Elizabeth sa sœur, comme elle avait autrefois appelé le Duc de Richmond, l'autre bâtard de son père, son frère mais elle n'utiliserait jamais le titre de Princesse, Majesté ou tout autre titre royal pour se référer ou s'adresser à l'enfant d'Anne.

Ils pouvaient la forcer à frotter les sols et à vider les pots de chambre, ils pouvaient l'enfermer dans sa chambre pendant des semaines, ils pouvaient ne lui permettre que du pain et de l'eau comme nourriture et ils pouvaient même la battre, mais ils ne pourraient jamais la forcer à appeler Elizabeth une princesse.

Finalement, ils avaient arrêté de la punir, Lady Bryan se contentant de reproches sèchement formulées sur son entêtement et même ces réprimandes avaient cessés ces derniers mois, alors que la position d'Anne commençait à faiblir et les dames et servantes d'Hatfield savaient qu'il ne serait peut-être pas sage pour elles de continuer à courtiser le mécontentement de Mary, la choisissant pour des affronts et des humiliations dont elle était certaine de se souvenir si elle se retrouvait à nouveau dans une position de pouvoir et d'influence, en mesure d'exiger des paiements pour sa maltraitance passée. Sa restauration dans les bonnes grâces de son père n'ayant plus autant ressemblé à une réelle possibilité depuis des années, elles savaient qu'il valait mieux ne pas continuer à insulter une fille qui serait peut-être à nouveau princesse dans un futur pas trop lointain.

Cela était un soulagement bienvenu d'être épargnée des pires affronts qui étaient faits contre elle autrefois, mais Mary savait que le sursis était peut-être temporaire. Anne avait eu une forte emprise sur son père pendant longtemps et, même si sa prise était faiblissante pour l'instant, il n'y avait aucune garantie pour qu'elle ne parvienne pas à la resserrer à nouveau, le tenant fermement dans ses griffes et le pressant à avoir des pensées de plus en plus hostiles envers sa fille aînée, son premier enfant vivant. Si elle était capable de lui donner un fils, alors sa position serait assurée et Mary n'était pas certaine qu'Anne n'exigerait pas sa vie si elle y parvenait, et qu'elle ensorcellerait le père de Mary pour qu'il lui accorde sa requête.

Bien que son père venait fréquemment à Hatfield pour rendre visite à la petite Elizabeth – et les autres servantes de l'enfant ne manquaient jamais d'assurer à Mary que le Roi adorait la petite fille, soulignant toujours qu'il chérissait Elizabeth comme étant son premier enfant légitime – il n'avait jamais envoyé personne la chercher pour qu'il puisse lui rendre visite à elle aussi, malgré ses espoirs qu'il le fasse, et ses ferventes prières pour qu'il souhaite la voir, la fille qu'il chérissait autrefois avec tant d'amour dévoué, un amour qu'elle était convaincue qu'il ressentait toujours pour elle dans son cœur, malgré les efforts qu'Anne avait sans aucun doute déployés pour décourager son affection pour elle, espérant pouvoir lui faire oublier combien il tenait à elle autrefois et détourner son attention et son amour vers son enfant à elle.

La première fois qu'elle avait entendu le battement des sabots des chevaux, les cris que la bannière du Roi avait été vue et le son des pas de course alors que les membres de la domesticité se hâtaient pour préparer la visite royale, elle avait immédiatement abandonné la tâche que Lady Bryan lui avait assignée, réparer l'une des petites robes d'Elizabeth, se fichant que la gouvernante la réprimande plus tard.

Elle s'était hâtée dans sa petite chambre pour se changer dans sa plus jolie robe, pour se coiffer les cheveux et les arranger avec sa plus belle coiffure parée de bijoux, la parure la plus proche de celle d'une princesse qu'elle possédait maintenant. Une fois prête, elle s'était installée sur une chaise près de la fenêtre, ses mains serrées sur ses genoux pour les empêcher de remuer dans son excitation, un large sourire d'anticipation sur son visage. Cela faisait presque quatre ans qu'elle n'avait plus vu son père et elle voulait être prête quand il la ferait appeler, prête pour lui montrer qu'elle avait grandi d'une enfant en une jeune fille au seuil de sa vie de femme, une princesse digne et une fille ont n'importe quel Roi pourrait être fier.

Elle avait été tellement sure que, une fois qu'il aurait fini d'admirer le bébé Elizabeth, il demanderait à la voir, instruisant Lady Bryan de lui amener immédiatement sa fille, exigeant avec indignation de savoir pourquoi sa Mary, la perle de son monde, n'avait pas été amenée lorsque sa suite et lui avaient été aperçus, de sorte qu'elle puisse être là pour l'accueillir, réprimandant la gouvernante de ne pas avoir réalisé qu'il était venu à Hatfield pour la voir aussi, pas juste le bébé.

Elle avait été tellement sure que si elle pouvait lui parler, même juste un quart d'heure, elle pourrait lui faire voir raison, le faire revenir de ses erreurs. Elle était certaine que tout ce qu'elle devrait faire serait de lui montrer la chambre où elle était forcée de loger et que cela le rendrait furieux envers Lady Bryan pou avoir osé traiter la fille d'un Roi aussi mal et que cela serait assez pour qu'il lui assure qu'elle ne devait plus demeurer Hatfield en tant que servante, qu'elle allait à nouveau avoir sa propre domesticité à Ludlow ou revenir à la cour, selon ses préférences.

Elle avait espéré que lorsqu'elle lui parlerait, elle serait également en mesure de lui rappeler que sa mère, qui souffrait alors dans l'isolement et la pauvreté au More, était sa véritable épouse aimante et de lui faire voir qu'il devrait restaurer son épouse et sa fille légitimes à leur place légitime, rejetant les usurpatrices et réunissant à nouveau sa famille.

Tout ce dont elle avait besoin était une chance de lui rappeler combien il les avait aimées autrefois, avant qu'Anne n'apparaisse sur la scène et ruine tout. Tout ce dont elle avait besoin était qu'il la fasse appeler.

Mais il n'avait envoyé personne la chercher.

A travers le mur lambrissé qui la séparait de la salle de réception, elle avait pu entendre son père remercier chaleureusement Lady Bryan pour ses soins envers sa princesse bienaimée et, à la pensée que ce terme ne lui faisait plus référence, qu'il parlait d'Elizabeth à la place, Mary avait senti son cœur se serrer dans sa poitrine et elle avait été très près de pleurer ou de crier avec consternation. Elle était fâchée et dévastée d'être remplacée dans les affections de son père par Elizabeth, tout comme la mère d'Elizabeth avait usurpé la place légitime de sa mère dans le cœur de son père et à ses côtés. Elle l'avait entendu accueillir l'enfant affectueusement, comme son Elizabeth, sa voix tendre, infusée d'amour et de fierté, et elle l'avait entendu faire remarquer qu'un jour, la petite Elizabeth règnerait peut-être sur des Empires et, plaçant son oreille contre la porte et s'efforçant d'écouter, elle put entendre le doux murmure de son père tandis qu'il demandait à Elizabeth de lui pardonner, car il ne pouvait pas rester longtemps.

Pourquoi demandait-il au bébé de lui pardonner? Elle était trop jeune pour être réellement consciente du fait qu'il était venu lui rendre visite en premier lieu! Où était son excuse pour l'humiliation dont il avait couvert Mary en la forçant à agir en tant que servante d'Elizabeth? Où était son excuse pour le fait qu'il n'avait même pas pris la peine d'échanger quelques mots avec son enfant aînée?

Quand elle avait fermé les yeux, elle avait pu s'imaginer son père embrasser les joues douces d'Elizabeth ou sa tête duveteuse alors qu'il disait au revoir, caressant ses cheveux soyeux et confiant son petit visage à sa mémoire avant de la passer à sa nourrice, puis le son de pas en retraite lui avait dit que son père allait vraiment partir, sans s'embêter de prendre le temps de la saluer.

Elle était sortie de sa chambre en courant, ignorant les halètements de surprise des dames d'Elizabeth et la désapprobation sur le visage sévère de Lady Bryan, courant hors de la pièce et en haut des escaliers aussi vite qu'elle pouvait, espérant pouvoir atteindre le balcon donnant sur la cour avant que son père et sa suite ne soient partis. Elle l'avait atteint à temps, sortant dans la lumière et fixant son père, priant pour qu'il la voit, qu'il décide de repousser son départ assez longtemps pour lui parler quelques minutes, espérant qu'il ne la snoberait pas devant ses gentilshommes en ignorant son appel muet, lui montrant à elle, et à tous ceux présents, qu'il ne se souciait plus d'elle, des nouvelles qui étaient garanties d'être portées aux oreilles d'Anne par les langues jubilantes de ceux qui lui voulaient du bien ou qui cherchaient son amitié.

Après quelques instants, il avait reconnu sa présence. Il ne lui avait pas parlé – peut-être qu'Anne l'avait persuadé de donner sa parole qu'il ne le ferait pas, et que son père se sentait obligé de tenir sa promesse envers elle – mais il lui fit une révérence, incitant les gentilshommes derrière lui à suivre son exemple, et elle s'inclina en réponse, transportée de joie par ce signe qu'il avait toujours des pensées tendres pour elle, qu'il n'avait pas oublié combien il avait aimé sa perle, la fille qu'il avait autrefois décrite comme sa princesse parfaite.

Mais il n'avait envoyé personne la chercher la fois suivante où il était venu rendre visite.

Ni celle d'après...

Ce fut Anne, la dernière personne qu'elle avait envie de voir, qui avait brisé les longs mois de silence, envoyant quelqu'un la chercher quand elle était venue rendre visite à Elizabeth.

Bien que Mary savait qu'elle avait dû voir Anne auparavant, elle ne pouvait pas se rappeler de quoi elle avait l'air.

Quand Mary était petite fille, Anne avait servi en tant que dames de sa mère pendant une brève période et elle savait qu'elle avait dû la voir alors, au moins passer devant elle, comme elle avait vu toutes les dames de sa mère de temps en temps, lorsqu'elle visitait les appartements de sa mère ou lorsqu'elle assistait aux festivités auxquelles sa mère et ses servantes étaient présentes. Néanmoins, ses souvenirs d'Anne étaient vagues, au mieux, et elle ne pouvait jamais être sûre que c'était d'Anne qu'elle se souvenir quand elle essayait d'imaginer la femme ou si elle la confondait avec quelqu'un d'autre, l'une des nombreuses autres femmes qui avaient servi sa mère autrefois, quand elle était toujours reconnue comme Reine, comme elle devrait toujours l'être par droits.

A l'époque, Mary n'aurait jamais prédit qu'un jour viendrait où l'une des dames-de-compagnie de sa mère serait en mesure de provoquer de tels dégâts dans leurs vies à tous. Pourquoi aurait-elle jamais imaginé qu'elle devait faire plus attention à Anne qu'aux autres servantes de sa mère, à l'époque où Anne était toujours une parmi tant d'autres, pas plus importante que les autres?

Elle avait entendu des descriptions d'elle, évidemment.

Beaucoup de descriptions d'Anne circulaient et ces descriptions variaient énormément, certaines personnes insistaient qu'elle était quelconque, presque laide, et que la seule manière par laquelle elle avait pu capturer l'attention d'un bel homme vigoureux comme le père de Mary, un homme qui pouvait avoir toutes les femmes qu'il voulait, rien qu'en le demandant, était par le biais de la sorcellerie, mais d'autres insistaient qu'elle était une réelle beauté, l'une des dames les plus charmantes de la cour et certainement celle avec le plus d'esprit et la plus gracieuse, une dame qui montrait tous les avantages de son éducation Française, qui excellait à la danse et qui donnait le ton pour la mode à la cour avec ses robes et coiffures élégantes.

Chapuys décrivait Anne comme ayant des traits quelconques, trop mince et trop sombre pour l'époque, bien qu'il admettait à contrecœur que ses yeux étaient charmants. S'il devait être cru, Anne possédait peu de charme naturel et l'attraction du Roi envers elle était un mystère complet.

Mary aurait chèrement aimé croire qu'il disait la vérité, croire que la catin qui avait séduit son père pour qu'il s'éloigne de sa mère et l'avait tenté à commettre de tels péchés contre sa mère et contre Dieu Lui-même était quelconque, une femme qui ne pourrait jamais espérer être aussi jolie que sa mère, qui était toujours magnifique, même si elle n'était plus jeune, mais elle soupçonnait qu'il était peu probable que son père soit attiré par Anne si cela était le cas. Avec tant de belles femmes qui seraient heureuses d'être avec lui s'il les voulait, elle ne pouvait imaginer qu'une femme peu attrayante puisse un jour capturer son amour et le tenir aussi longtemps. Anne devait avoir un certain charme qui lui aurait permis de le gagner, et de le garder comme un serviteur dévoué aussi longtemps.

Quand elle vit Anne, elle fut désolée de voir que la femme était magnifique; peut-être pas la dame la plus belle de la cour mais Mary soupçonnait que, quand elle le choisissait, Anne était capable de faire croire au père de Mary et à n'importe quel homme de son choix qu'elle était la femme la plus belle et la plus captivante que Dieu ait jamais créée. Elle était assez honnête pour admettre que la femme était attirante, et qu'elle possédait plus que sa part de charme, mais elle était immunisée contre cela, même si son père en était devenu la proie.

Anne ne serait jamais capable de la charmer au point d'oublier ce qu'elle avait fait à la famille de Mary.

Quand Lady Bryan était venue lui dire que la Reine était venue visiter Hatfield et commandait sa présence en bas, Mary avait été très tentée de faire remarquer qu'il était impossible que cela soit le cas, étant donné que la seule Reine d'Angleterre était bien loin, au More, et interdite de contacter sa fille, par ordre précis du Roi, un ordre auquel elle ne désobéirait pas, même si la séparation lui brisait le cœur, mais elle se ravisa.

Il était certain que ni Lady Bryan ni n'import quel autre membre de la domesticité d'Elizabeth ne seraient jamais disposées à livrer un message comme cela à Anne en son nom. Elles savaient comment elle réagirait probablement si elles osaient répéter ces mots, sachant qu'elles pourraient facilement se retrouver à payer le prix d'être porteuse d'un tel message, un message qu'elle était sûre de juger insultant.

Lady Bryan inventerait une excuse anodine au pourquoi elle ne pouvait pas descendre présenter ses respects, déclarant qu'elle était malade et remettant peut-être même une humble excuse de la part de Mary afin d'apaiser la vanité et la fierté d'Anne et, une fois qu'Anne serait partie, la gouvernante houspillerait Mary de manière foudroyante pour sa grossièreté, s'en prenant à elle devant les autres, qui ricaneraient de la voir en disgrâce, et peut-être même réduisant les quelques privilèges et libertés qui lui étaient encore autorisés comme punition pour ses paroles.

Elles refuseraient toutes de reconnaître qu'elle disait seulement la vérité.

Et puis, elle devait avouer qu'elle était curieuse d'entendre ce qu'Anne pouvait bien souhaiter lui dire, curieuse assez pour l'inciter à acquiescer en réponse au message de Lady Bryan sans dire un mot, et suivit la gouvernante dans la pièce principale, où Anne rendait visite à son bébé.

“Lady Mary.”

Bien que son ton était doux, avec ses premiers mots, Anne s'était assurée que Mary ne recevrait rien de ce qu'elle avait à dire tranquillement. Même si Anne ne pouvait pas se résoudre à utiliser son titre légitime de Princesse ni à s'adresser à elle en tant que ‘Votre Majesté’, comme son rang l'exigeait, Mary escomptait devoir être appelée ‘Votre Grâce’ ou, à tout le moins, ‘Madame’ mais à la place, Anne insistait pour l'insulter avec un titre de bâtarde, le titre qu'elle avait persuadé le père de Mary de décréter qu'il serait le sien à partir de maintenant. Elle fut capable de se contenir assez pour s'empêcher de tourner les talons et de quitter la pièce d'un pas raide, refusant de rester en la compagnie de quelqu'un qui insistait pour lui refuser le titre et les honneurs qui étaient siens par droits, mais elle savait que si elle faisait cela, Anne serait sûre de rapporter l'offense au père de Mary, qui était certain de prendre le parti de sa concubine et qui serait furieux contre sa fille d'avoir défier ses ordres précis et d'avoir traiter la femme qu'il insistait pour appeler sa Reine aussi irrespectueusement.

“Lady Mary, je suis ici en amie,” dit Anne d'un ton enjôleur, comme si elle essayait de persuader une enfant vilaine, obstinée, de se comporter convenablement. Elle parlait aussi légèrement plus lentement que la normale, comme si elle pensait que Mary manquait d'intelligence et de compréhension, comme si elle avait besoin d'expliquer clairement son offre si elle voulait être comprise. “Je vous laisserai revenir à la cour et vous réconcilier avec votre père, si seulement vous m'acceptez en tant que Reine.” Elle sourit de manière encourageante quand elle termina de parler, attendant la réponse de Mary. Elle était probablement sure que, après avoir vécu la vie d'une servante ces deux derniers mois, Mary ne serait que trop désireuse de retourner à une vie confortable à la cour en tant que fille du Roi, même si elle était appelée bâtarde, et s'imaginait probablement déjà comme le Roi serait content d'elle pour être parvenue à obtenir la capitulation de sa fille.

“Seulement” l'accepter en tant que Reine?

Seulement!

La façon dont Anne avait fait sa proposition, n'importe qui aurait cru que sa suggestion était la plus raisonnable du monde, comme si cela était une grande concession de sa part d'offrir autant, comme si Mary aurait dû se mettre à genoux et remercier la maîtresse de son père pour sa gentillesse de l'accueillir – la Princesse de Galles! – de retour à la cour où elle, en même temps que sa mère, devraient toujours vivre, devraient toujours être honorées comme elles l'étaient, comme être devraient l'être par droits.

N'importe qui aurait cru qu'Anne en demandait peu à Mary en retour pour sa restauration à la cour et dans les bonnes grâces, comme s'il s'agissait d'une petite chose d'escompter qu'elle répudie sa mère en acceptant Anne comme Reine à sa place, comme si cela était assez peu de lui demander de, en faisant cela, proclamer son illégitimité au monde, vivre un mensonge en prétendant que le mariage de ses parents était réellement maudit et, par extension, renforcer la position d'Anne, et celle d'Elizabeth, infiniment en se permettant d'être vue comme déférant à la catin en tant que Reine.

Anne était peut-être capable de se convaincre que la concession qu'elle offrait était juste, une concession dont tous pourraient bénéficier si Mary acceptait sa proposition, mais sa fille et elle avaient bien plus à y gagner que Mary et Mary n'était pas une telle idiote qu'elle ne voyait pas exactement comment la rivale de sa mère, de même que l'enfant bâtard d'Anne, bénéficieraient de sa soumission et elle ne permettrait jamais que cela arrive.

Comment Anne osait-elle même penser à lui demander cela!

Mary ne put cacher ni le mépris ni l'antipathie de son visage et de sa voix lorsqu'elle répondit, son ton ne laissant aucun doute à Anne qu'elle pensait chaque mot qu'elle prononçait. “La seule Reine que je reconnaisse est ma mère,” déclara-t-elle platement. Elle aurait probablement du s'arrêter là, se contentant de ça et s'abstenant de contrarier ouvertement la femme, qui avait le pouvoir de rendre sa vie très désagréable si elle le choisissait, en offrant davantage d'insulte mais quelque chose en elle la poussa à continuer, à prononcer les mots qui, elle le savait, effaceraient le sourire du visage d'Anne et lui feraient savoir, sans équivoque possible, où elle se trouvait dans l'estime de Mary. “Mais si la maîtresse du Roi acceptait d'intervenir auprès du Roi pour moi, je lui en serais reconnaissante.”

Le sourire quitta le visage d'Anne aussi abruptement que si Mary l'avait frappée au visage – quelque chose qu'elle souhaitait chèrement pouvoir faire mais se gardait d'essayer – et ce fût avec une immense satisfaction que Mary s'éloigna, heureuse de savoir qu'il n'y avait aucune façon pour qu'Anne chérisse un quelconque espoir de pouvoir la persuader de changer d'avis.
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:51

Inutile de le dire, Anne ne l'avait plus faite venir et, durant les visites de la femme, Lady Bryan s'assurait de garder Mary prudemment en dehors de la vue, lui ordonnait de rester dans ses appartements tant qu'Anne était à Hatfield, par peur d'une répétition de l'incident, pour lequel elle pourrait être blâmée si Anne avait l'impression qu'elle aurait dû faire davantage pour l'éviter en brisant la rébellion de Mary – comme si Lady Bryan, ou n'importe qui d'autre, pourrait jamais la forcer à capituler!

Mary n'aurait pas été dérangée par cela – après tout, elle n'avait aucun désir de voir Anne et était assez heureuse de ne pas y être obligée – mais elle était également gardée hors de la vue quand son père rendait visite, et cela la peinait de savoir qu'il n'avait jamais demandé une seule fois qu'elle descende pour le voir ou, à sa connaissance en tous cas, ne s'informait même pas de sa santé ni de son bien-être, ni n'instruisait Lady Bryan de s'assurer qu'elle était traitée avec respect et gentillesse, comme la fille d'un Roi devrait l'être.

C'était comme s'il ne se souciait réellement pas de son bien-être, comme s'il était satisfait de rester les bras croisés en laissant sa propre chair et son propre sang être humiliée, négligée et insultée.

La petite Elizabeth était invitée à la cour assez souvent, car Anne aimait profondément sa fille et voulait pouvoir passer autant de temps que possible avec elle, prodiguant son temps et son attention à sa fille dès qu'elles pouvaient être ensemble et la couvrant de cadeaux couteux et de robes et coiffures magnifiquement brodées, certaines d'entre elles faites de ses propres mains, quand elles se quittaient mais, malgré le fait que la plupart des servantes d'Elizabeth voyageaient avec elle quand elle allait à Whitehall, surtout quand elle allait rester à la cour pendant plus que deux jours et aurait besoin de sa suite là-bas pour s'occuper de ses besoins, Mary ne venait jamais à la cour avec elles, elle ne se voyait même jamais offrir la possibilité de se joindre à elles.

Cela était clair pour elle qu'elle n'était pas bienvenue à la cour et que son père n'avait aucun désir de la voir, et ce savoir était douloureux.

Il y avait certains avantages au fait qu'Elizabeth n'était pas là, cependant.

La plupart des dames étant parties avec l'enfant, et comme la petite fille dont elle était censée s'occuper était absente, cela voulant dire que ses devoirs étaient suspendus jusqu'à son retour, le temps de Mary était en grande partie pour elle et, sans que Lady Bryan soit là pour souligner son statut de bâtarde et pour la choisir pour ses mots tranchants et tâches lourdes, elle trouvait que les autres membres de la domesticité d'Elizabeth qui étaient restées tendaient à la traiter plus respectueusement, conscientes du fait que du sang royal coulait dans ses veines et en admiration du fait qu'elle était la fille du Roi, même si elle était appelée bâtarde. Elles n'osaient peut-être pas lui accorder les droits d'une princesse, car cela était maintenant considéré comme trahison par la loi, mais elles étaient polies avec elle et attentionnées à ses besoins.

Les absences d'Elizabeth étaient des périodes de répit, où elle ne faisait pas face à tant de rappels quotidiens de son statut de servante et où elle pouvait prétendre, même juste pendant un instant, qu'elle était toujours reconnue comme Princesse d'Angleterre, qu'elle était toujours la perle de son père et que son futur était toujours doré, au lieu d'être sombre et incertain.

Quand sa mère était décédé, elle avait été dévasté de la perdre et désemparée de n'avoir même pas eu la chance de lui dire adieu en personne, sachant que cela aurait été le plus grand réconfort que sa mère aurait voulu avoir dans ces dernières heures, pour lequel elle-même aurait donné n'importe quoi pour pouvoir recevoir la bénédiction de sa mère face à sa haine d'Anne, qui était sûrement la personne qui avait refusé de prendre pitié d'une mère mourante et d'une fille en deuil et qui avait insisté qu'aucune visite ne pouvait être autorisée. Cependant, aussi profonde était sa douleur, elle avait ressenti un léger adoucissement dans l'attitude de son père envers elle une fois que sa mère était décédée, un adoucissement qui allait et venait mais qui était toujours le signe le plus encourageant qu'elle avait eu depuis qu'elle était venue à Hatfield.

Quand elle était malade, il donnait l'ordre qu'elle soit déchargée de ses tâches dans la domesticité d'Elizabeth et retirée dans l'un des manoirs royaux pour son confort durant sa maladie et sa récupération et, en plus de cela, elle avait entendu par le biais des communications secrètes de Chapuys que son père commençait à sérieusement envisager l'idée de ses fiançailles, d'autant plus que les autres maisons royales étaient bien plus intéressées par elle, une fille mûre pour le mariage, avec des liens par sang avec l'Empereur Romain Saint et le Roi du Portugal, qu'ils ne l'étaient par Elizabeth, une petite fille dont la mère descendait de marchants – et son père savait sûrement aussi bien qu'elle qu'il ne pourrait jamais persuader un prétendant royal à accepter sa main en mariage sauf s'il la reconnaissait comme une princesse légitime et reconnaissait son droit à une place dans la ligne de succession. Même une grosse dot ne persuaderait pas un prince d'épouser une bâtarde.

Puis était arrivée la nouvelle qu'Anne avait perdu un enfant masculin, un signe que Dieu l'avait abandonnée une fois pour toute, et un signe que même le père de Mary semblait en mesure de voir. Quelques mois plus tard, des nouvelles de l'arrestation d'Anne avaient atteint Hatfield, des nouvelles que Mary avait prises comme un signe de Dieu, une évidence claire que le nœud se resserrait enfin autour du cou d'Anne, un piège duquel même elle, avec toute sa ruse et toute sa sorcellerie, ne pourrait s'échapper, pas cette fois.

Anne avait mené le père de Mary et l'Angleterre dans une danse joyeuse mais le moment était enfin venu pour elle de récolter ce qu'elle avait semé et c'était une moisson amère.

Sa trahison avait été découverte, du moins en partie – les accusations portées contre elle ne faisaient aucune mention du fait qu'Anne avait empoisonné la mère de Mary et comploté pour faire la même chose avec Mary – et elle avait été condamnée à mort. La sentence exigeait qu'elle soit brûlée ou décapitée selon le plaisir du Roi et Mary priait pour que la colère de son père face à la manière dont la catin l'avait tourné en ridicule aussi longtemps, lui faisant commettre des crimes aussi odieux pour elle, rejeter sa fille aimante, assassiner des hommes honnêtes et commettre une hérésie en rompant avec le pape de Rome, le pousserait à décider qu'elle devrait mourir par le feu, un destin approprié pour une putain et une sorcière et un goût de l'agonie qu'elle allait certainement rencontrer en Enfer, au moment où son âme quitterait son corps.

Une fois Anne partie, une fois son père libéré, alors ce ne serait qu'une question de temps avant que Mary soit restaurée.

Elle accorda une pensée pour la petite Elizabeth, qui était toujours si jeune et qui serait certainement dévastée de perdre sa mère qui lui était dévouée et qui la couvrait toujours d'affection et qui la gâtait avec de riches présents mais elle se rappela que, sur le long terme, c'était mieux comme ça pour tout le monde, Elizabeth y compris. Elle n'avait pas encore trois ans, toujours douce et innocente mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'Anne ne parvienne à la corrompre, comme elle corrompait tout ce qu'elle touchait. Si Anne vivait, si elle continuait à être un facteur influent dans l'éducation d'Elizabeth, elle aurait inévitablement appris ses manières à sa fille, infectant l'innocence et la lumière enfantine d'Elizabeth avec ses ténèbres.

Anne partie, Mary serait en mesure de s'assurer que la petite fille serait élevée correctement, en aimant et en honorant Dieu et en connaissant sa place dans le monde, en tant que bâtarde et non pas princesse.

Elle serait gentille avec Elizabeth, se promit-elle. Elle ne laisserait jamais ses sentiments envers Anne affecter la manière dont elle traitait l'enfant de la femme et elle ne laisserait pas le fait qu'Elizabeth avait été honorée avec les titres qui lui appartenaient par droits, ni le fait qu'elle avait été humiliée aussi longtemps dans l'intérêt de l'enfant influencer ses sentiments pour la petite fille, ni maintenant ni dans le futur. Elle continuerait de l'aimer et de se soucier de son bien-être. Il était probable qu'elle aurait besoin de quelqu'un qui parlerait pour elle et qui s'intéresserait à son éducation, maintenant que sa mère était disgraciée, bientôt morte, si elle ne l'était pas déjà.

Elle avait entendu peu de choses sur la femme qui avait capturé l'attention de son père, la femme dont la douce nature avait pu agir comme antidote contre le poison d'Anne, libérant son père de son emprise après tant d'années, mais le peu qu'elle avait entendu était très prometteur.

Il était chuchoté que Jane Seymour était loyale à la mère de Mary et que, bien que sa famille avait prêté le Serment de Succession pour raison politique, en tant que serviteurs loyaux du Roi, ils continuaient à voir Mary comme l'héritière légitime du trône, malgré toutes leurs promesses de défendre la cause du faux droit de la petite Elizabeth si le besoin s'en présentait. Il avait également été suggéré que Lady Jane avait l'intention de persuader le Roi de restaurer Mary à sa place légitime en tant qu'héritière légitime du trône, et qu'elle serait ravie de l'accueillir à la cour en tant que Princesse.

D'autres courtisans, voyant comment le vent soufflait, avaient déjà écrit à Mary, exprimant leur plaisir à la pensée qu'elle serait peut-être restaurée dans les bonnes grâces de son père et à nouveau bienvenue à la cour, promettant que s'ils pouvaient lui faire n'importe quel plaisir, elle n'avait qu'à le demander et cela serait avec le plus grand honneur et plaisir qu'ils l'aideraient comme ils le pourraient.

Personne n'aurait osé lui écrire une telle lettre quelques mois plus tôt, sachant que s'ils le faisaient et que le Roi l'apprenait, sa colère envers ceux qui avaient courtisé dans son dos la fille qu'il avait déclarée bâtarde, n'ayant pas droit au titre de Princesse et sans droit de succéder au trône, serait terrible. Qu'ils aient osé écrire maintenant était un signe claire que Mary pouvait s'attendre à ce que son père l'accueillie bientôt de retour à la cour, et dans son cœur.

Avec de telles perspectives optimistes, il était difficilement surprenant que le pas de Mary soit léger alors qu'elle marchait dans les jardins d'Hatfield, avec les deux servantes qui avaient été désignées pour la servir après que la catin ait été arrêtée, un moment où des ordres avaient été envoyés pour qu'elle soit déménagée dans un appartement bien plus grand et bien plus confortable, suivant à une distance respectueuse. Le jour était chaud et elle savourait la sensation du soleil de Mai caressant son visage, imaginant à quoi ressemblaient les jardins de Whitehall, où elle jouait autrefois avec sa mère, maintenant et attendant avec impatience le moment où elle pourrait à nouveau les voir par elle-même.

Quand elle vit l'Ambassadeur Chapuys approcher, elle pressa le pas, se hâtant vers lui, impatiente d'entendre ce qu'elle était sure qu'il était sur le point de lui dire.

“Votre Altesse.” Il fit une profonde révérence devant elle, acceptant sa main quand elle la lui offrit et l'embrassant, lui accordant les droits d'une princesse, comme toujours, un geste qu'elle appréciait profondément, surtout quand elle savait que cela pourrait être dangereux pour n'importe qui, même l'ambassadeur Impérial, de la traiter comme une Princesse d'Angleterre devrait être traitée alors que son père royal avait lui-même déclarer qu'elle était une bâtarde. “J'espère que vous vous portez bien, Princesse?” demanda-t-il avec sollicitude.

“Très bien.” répondit-elle automatiquement, désireuse d'entendre la nouvelle qui, elle en était sure, était imminente. Quand il ne parla pas, elle l'incita. “Est-ce fait? Est-ce que la catin est morte?” Peut-être était-ce idiot de sa part de s'inquiéter mais, après tout ce qu'il s'était passé, elle ne pensait pas pouvoir respirer facilement tant qu'elle ne savait pas qu'Anne avait rendu son dernier souffle, que tant qu'elle ne savait pas que la femme était partie, incapable de continuer à travailler contre elle ou de renouveler son emprise sur son père, elle ne pourrait pas être écartée en tant que possible menace. Quand Chapuys ne répondit pas, elle fronça les sourcils, troublée. “Ambassadeur?” demanda-t-elle, perplexe.

“J'ai de mauvaises nouvelles pour vous, Votre Altesse.” commença doucement Chapuys, baissant la voix pour que les servantes de Mary ne puissent pas entendre ses paroles. “La Concubine ne sera pas exécutée après tout.”

“Mon père l'a épargnée?” Le front de Mary se plissa en un froncement de sourcils alors qu'elle essayait d'imaginer pourquoi son père aurait montré une telle clémence pour une femme qui l'avait trahi de manière aussi flagrante qu'Anne, se demandant si peut-être il hésitait face à l'idée de condamner la mère de son enfant à mort – et peut-être que la miséricorde n'était pas une mauvaise chose, même si cette miséricorde était dirigée vers Anne, qui ne la méritait certainement pas. Peut-être qu'une telle clémence donnait une bonne image à son père, un signe que malgré le fait qu'il avait signé l'arrêt de mort de tant d'hommes bons, des hommes qui s'étaient uniquement opposés à lui parce que leurs consciences ne leur avaient pas permis de soutenir ses actions, il y avait toujours de la bonté et de gentillesse en lui, assez pour lui permettre d'être miséricordieux. “Va-t-il l'envoyer dans un couvent?”

Cela était presque approprié que cela soit le cas, étant donné les efforts déployés pour faire pression sur la mère de Mary pour qu'elle entre dans un couvent afin de libérer son père pour qu'il épouse Anne. Anne n'avait eu aucune objection à l'idée que la Reine d'Angleterre légitime ait eu des pressions pour prendre le voile dans son intérêt, pour lui permettre d'usurper sa place et de sécuriser la légitimité des enfants qu'elle portait, donc elle serait justement servie si elle était maintenant forcée de devenir une nonne elle-même.

Elle sentit un ricanement monter à la pensée d'Anne Boleyn, une tentatrice comme jamais vue, une Jézabel vaniteuse qui se souciait bien plus de jolies robes et de bijoux qu'une femme croyante ne le devrait et une hérétique avec des tendances Luthériennes connues, passant le restant de ses jours dans une communauté religieuse, parmi de bonnes femmes pieuses , comme le faucon sauvage, indompté qu'elle utilisait en tant qu'écusson, volant avec de paisibles colombes roucoulantes.

Si cela devait être le cas, si Anne allait échapper à l'exécution et être autorisée à vivre ses jours dans une maison religieuse, Mary espérait que son père ne sélectionnerait pas un ordre léger à la mode, un ordre où les dames de haute naissance qui y demeuraient, soi-disant en tant qu'Epouses du Christ, avaient la permission d'apprécier tous les conforts qu'elles auraient appréciés dans le monde extérieur, autorisées à recevoir des invités, à garder des animaux de compagnie et, dans certains cas, même à avoir des amants, à condition d'être discrètes. Il serait bien plus approprié pour Anne d'être envoyée dans un ordre strict, fermé, un ordre avec un régime rigoureux de prière, de travail et de jeûne, un ordre où elle serait enfermée loin des hommes pour le reste de sa vie et où aucune de ses bêtises ne serait tolérée par l'abbesse sous la charge de qui elle serait placée.

Cela serait pour le propre bien d'Anne, se rappela pieusement Mary, faisant le signe de la croix et se disant que son désir n'était pas motivé par méchanceté et espoir que la vie d'Anne serait misérable. Si cette catin voulait avoir un quelconque espoir d'échapper aux feux de l'Enfer, si elle voulait avoir un quelconque espoir d'atteindre le Paradis, alors elle aurait besoin de commencer à faire amende honorable pour tous les péchés qu'elle avait commis sans délais, et c'était seulement par le biais de la prière, de la pénitence et d'un repentir sincère qu'elle pourrait y parvenir. Servir Dieu en tant que nonne serait un début, au moins.

Chapuys secoua la tête en réponse à sa question, ayant l'air profondément mal à l'aise.

“Quoi alors?” demanda Mary, commençant à se sentir inquiète face à l'attitude de l'ambassadeur.

“Votre Altesse...” Chapuys commença à parler mais sa voix lui fit défaut et il dut déglutiner plusieurs fois avant de continuer. “Votre Altesse, le Roi... Sa Majesté a investigué l'affaire personnellement et il a déterminé que...” Il s'arrêta à nouveau, détestant la pensée de devoir être celui qui devait annoncer la nouvelle à Mary mais sachant qu'il valait mieux qu'elle l'entende de lui, quelqu'un qu'elle savait être son ami, plutôt que de quelqu'un qui la narguerait avec la nouvelle, soulignant avec jubilation quel coup cela porterait à ses espoirs. Il prit une profonde respiration, fermant les yeux, incapable de la regarder alors qu'il disait ce qu'il devait dire. “Le Roi ne croit plus que la catin soit coupable de l'avoir trahi. Il a ordonné que son innocence soit proclamée dans tout le pays et il l'a ramenée à la cour avec lui... en tant que Reine.”

Mary eut un petit rire rauque, souhaitant croire que l'ambassadeur la faisait marcher, ayant besoin de croire que ses mots n'étaient rien de plus qu'une plaisanterie de mauvais goût.

Cela ne pouvait pas être vrai!

Elle avait été tellement sure que les péchés d'Anne l'avaient enfin amenée à sa punition bien méritée, tellement sure que cette fois – grâce, en grande partie, à Jane Seymour qui était maintenant le centre des attentions du Roi – elle ne serait pas en mesure de se sortir des ennuis à coup de charme. Elle avait été jugée devant un jury de paires, les hommes accusés d'être ses amants avaient été jugés et tous les cinq avaient été reconnus coupables, deux des hommes ayant même confesser leurs crimes.

Qu'est-ce qui aurait bien pu persuader son père, après tout cela, de croire qu'Anne était peut-être innocente?

Quel genre de pouvoir avait-elle sur lui, l'empêchant d'ordonner son exécution et le forçant à ignorer ce qu'il savait sur sa culpabilité, pour la libérer et proclamer son innocence? Evidemment, une fois cela fait, elle devait savoir que le Roi ne serait pas en mesure de retourner sa veste en ordonnant son exécution si son sortilège faiblissait. Il aurait l'air d'un imbécile devant son peuple et cela était quelque chose qu'il ne pourrait jamais permettre. Anne avait échapper à sa punition.

Mary frissonna à la pensée, sentant un frisson glacial lui traverser les veines. Il fallut quelques minutes avant qu'elle ne récupère assez pour parler. “Comment mon père peut-il croire qu'elle est innocente?” demanda-t-elle, perplexe. “Deux des hommes ont avoué – et l'un d'eux était un gentilhomme!” Elle était assez réaliste et honnête pour admettre la possibilité que la confession du musicien avait pu être forcée au travers de la torture mais l'autre homme ayant confessé, Maître Brereton, était un gentilhomme, exempté de la torture infligée aux prisonniers roturiers en vertu de son rang. S'il avait confessé, alors il l'avait certainement fait parce que l'honnêteté l'avait poussé à parler, l'empêchant de garder son secret, et celui d'Anne, plus longtemps, même s'ils mourraient en conséquence.

“Oui,” convint sinistrement Chapuys

Brereton l'avait cherché peu de temps après sa libération, en grande détresse. Lorsque l'investigation sur la faute présumée d'Anne avait commencé, Brereton avait eu le sentiment d'être en mesure de reconnaître que Dieu lui tendait l'occasion de débarrasser le monde de la catin, une fois pour toute, et il n'avait pas hésité à saisir cette occasion. Il avait avoué et, quand le Roi était venu le questionner sur sa confession de deux jours plus tôt, il s'était agrippé à son histoire mais les détails qu'il avait fourni n'avaient pas convaincu le Roi qu'il disait la vérité et son témoignage avait été pris comme preuve de l'innocence d'Anne plutôt que l'inverse, à sa grande consternation. Après l'avoir réprimandé pour ce qu'il pensait être de la lâcheté à la pensée d'être torturé – et qui aurait jamais pu imaginer la véritable raison du pourquoi Brereton avait été aussi disposé à avouer un crime qu'il n'avait pas commis? – le Roi avait ordonné qu'il soit libéré en même temps que les autres et Brereton avait confié à Chapuys qu'il avait l'intention de se rendre à Rome aussitôt que possible, pour chercher refuge auprès du Saint Père et pour lui demander pardon pour l'échec de la tâche sainte qui lui avait été confiée.

Il ne pouvait supporter de rester à la cour après son échec, sachant que s'il restait, il devrait endurer le spectacle de la restauration au pouvoir et à la sécurité d'Anne et, étant donné les circonstances, personne ne serait surpris s'il choisissait de se retirer de la cour, après son expérience dans la Tour. Ils présumeraient qu'il partait parce qu'il était en colère et mécontent d'avoir été accusé et arrêté en premier lieu, et qu'il n'avait pas été loin d'être exécuté pour un crime qu'il n'avait pas commis. Ils n'imagineraient pas qu'il était contrarié parce qu'il n'allait pas mourir... ou, plus exactement, parce qu'Anne n'allait pas mourir avec lui.

“Et il la croit quant même innocente?”

“Oui, Votre Altesse.”

S'il était honnête avec lui-même, Chapuys devait admettre qu'il pouvait facilement croire qu'Anne n'avait pas été coupable d'adultère. Non seulement était-elle une femme intelligente, qui savait certainement que trahir son supposé mari de cette façon entrainerait sa ruine, mais il ne pouvait également s'empêcher de voir que le timing était bien trop commode pour le confort; Cromwell et lui discutaient de la perspective d'une alliance Impériale ces derniers mois, et il avait clairement fait comprendre sa position à l'autre homme. L'Empereur était disposé à soutenir la continuation du mariage du Roi avec Anne – une grande concession de sa part, d'autant plus qu'il avait respecté sa tante et l'avait beaucoup aimée – mais seulement si le Roi restaurait sa relation avec Rome et restaurait la Princesse Mary en tant qu'héritière légitime. Chapuys savait bien lire les gens et il avait cru que le Lord Chancelier était désireux de cette alliance, tellement désireux que lorsqu'il était devenu évident que la présence d'Anne serait un obstacle à cette alliance, il n'avait pas été entièrement étonné quand des ‘preuves’ de son infidélité avaient soudainement été découvertes.

Toutefois, même si Anne n'avait pas été infidèle – et, comme Chapuys ne la considérait pas comme l'épouse légitime du Roi, dans son esprit, elle ne pouvait pas avoir commis d'adultère, même si elle avait eu des amants – cela ne voulait pas dire qu'il ne pensait pas qu'elle devait mourir. Elle n'avait peut-être pas trahi le Roi en prenant d'autres hommes dans son lit mais elle avait commis de biens pires crimes, et son empoisonnement de feue Reine Katherine méritait certainement son exécution.

L'expression de Mary était sinistre alors qu'elle digérait les paroles de Chapuys, son esprit agile passant rapidement les possibilités au peigne fin, se demandant ce que cela signifierait pour elle. Elle pouvait sentir ses chances de restauration glisser loin d'elle et son cœur se serra à cette pensée. “Alors mes espoirs sont anéantis.” dit-elle tristement, regardant Chapuys et priant pour qu'il la contredise, qu'il lui assure que cela n'était pas le cas, que la délivrance de la mort d'Anne ne placerait pas une barrière insurmontable entre elle et la restauration de ses droits, que c'était un obstacle mineur, au plus.

Chapuys hésita avant de répondre, seulement un instant, mais cela fût assez long pour que Mary le remarque. “L'Empereur est toujours déterminé à faire tout ce qu'il peut pour assurer la restauration de Votre Altesse dans la succession.” lui dit-il. “Si le Roi espère toujours une alliance, alors il saura qu'une telle alliance sera conditionnelle du fait que vous soyez restaurée à votre place légitime en tant qu'héritière, devant l'enfant gâtée, Elizabeth.” Même en disant cela, il savait que cela ne serait pas nécessairement le cas; l'Empereur et le Roi de France étaient actuellement en conflit concernant Milan, ce qui signifiait que chaque monarque serait désireux d'obtenir l'appui du Roi d'Angleterre contre l'autre. S'il semblait que le Roi préférait s'allier avec la France – et le Roi François n'imposerait certainement pas de telles conditions au profit de Mary – alors il serait possible, même probable, que l'Empereur puisse choisir de ne pas continuer à faire pression pour sa restauration. Cependant, ce n'était pas quelque chose que Mary avait besoin d'entendre, pas maintenant. “Et,” ajouta-t-il de manière optimiste, espérant remonter le moral de la pauvre fille, “mes sources me disent que la Concubine se comporte sottement depuis sa libération; elle traite le Roi très froidement, et le blâme pour son arrestation. Le Roi n'a pas encore montré sa colère mais cela est ma croyance qu'il ne tardera pas à perdre patience face à son attitude et, quand cela arrivera, il ne se souciera plus de se soumettre à ses exigences en refusant de vous restaurer, Votre Altesse.”

Mary pouvait imaginer comment Anne devait se comporter, imaginant comme elle serait boudeuse et pleine de ressentiment pour le fait d'avoir été arrêtée, au lieu d'être reconnaissante pour le sursis.

Dans ces circonstances, une femme sensée ferait de son mieux pour se rendre agréable auprès du père de Mary, se montrant reconnaissante du fait qu'elle était à nouveau une femme libre et faisant en sorte qu'il n'ait aucune raison de regretter d'avoir épargner sa vie mais, alors qu'Anne était peut-être maligne, elle ne serait jamais sensée. Elle ferait connaître son ressentiment et elle se ficherait des conséquences.

“Le peuple voudra me voir restaurée.” prédit-elle gaiement; le peuple Anglais avait pris son parti, à elle et à sa mère, depuis le tout début et elle était sure qu'ils exigeraient sa restauration maintenant. Anne traitant le Roi avec mépris, il serait loin d'être désireux de l'apaiser et de se plier à ses caprices, et il avait toujours eu besoin de la bonne volonté de son peuple. Elle était certaine qu'il voudrait la restaurer, pour faire plaisir au peuple et pour contrarier la catin et, le plus important de tout, parce que, dans son cœur, il savait que c'était la bonne chose à faire, la chose qu'il voulait faire.

Chapuys sourit mais n'acquiesça pas en réponse.

A sa grande surprise et consternation, il semblait qu'une bonne partie du peuple Anglais en était venu à avoir des pensées bien plus tendres à l'égard de la concubine du Roi depuis son arrestation, ce qui les avait incité à prendre le parti de la femme qu'ils injuriaient autrefois. Peu croyaient qu'elle puisse être coupable des crimes allégués contre elle et, durant les semaines entre son arrestation et sa libération, il les avait entendu crier leur soutien pour elle de ses propres oreilles, les avait entendu maugréer contre le Roi et contre Maîtresse Seymour et murmurer que ce n'était pas la justice qui avait mené le Reine – le titre qu'ils refusaient autrefois à Anne mais qu'ils semblaient bien trop disposés à lui donner maintenant – à l'échafaud mais le désir pour la femme Seymour, guindée et narquoise.

Avant l'arrestation d'Anne, il y avait un grand mécontentement face au refus du Roi de reconnaître la Princesse Mary comme légitime et son insistance à lui refuser le titre qui était sien de naissance mais, une fois la femme enfermée dans la Tour, la préoccupation du peuple s'était tournée vers la petite Elizabeth, et leur pitié avait été dirigée vers l'enfant qui était fort susceptible d'être orpheline de mère avant son troisième anniversaire, plutôt que vers sa demi-sœur aînée.

La position d'Anne en tant que Reine était sécurisée, autant que Chapuys détestait l'admettre, Dans le sillage de la sympathie du peuple que son sort avait provoquée après son arrestation, le Roi ne serait pas en mesure d'annuler son mariage avec elle, quelque chose qu'il avait certainement dû accepter quand il avait choisi de proclamer son innocence. Si Anne était Reine, alors son enfant était légitime et, si Elizabeth était largement acceptée comme légitime, alors la légitimité de Mary devrait être remise en question. Les deux mariages du Roi ne pouvaient pas être considérés comme légaux, étant donné que la seconde union avait été célébrée alors que la première épouse était en vie, et une fille devrait être marquée comme illégitime.

Il n'était pas certain que Mary puisse escompter que le soutien du peuple pour elle était aussi grand qu'avant, surtout si Anne et ses partisans étaient assez perspicaces pour voir qu'ils pouvaient exploiter ce soutien pour renforcer davantage sa position et celle de son enfant, et pour affaiblir celle de Mary.

Il ne dit pas cela, toutefois, ne voulant pas voler l'espoir de Mary avant d'en être certain.

“Je ferais tout ce que je peux pour vous, Votre Altesse.” promit-il à la place. “Vous pouvez compter sur moi.”
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:51

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Il entendit le son d'un rire avant de les voir, le rire d'Elizabeth, aigu avec l'excitation, et il se prit à marcher vers le bruit, souriant involontairement face au son de la joie de sa petite fille.

Comment avait-il jamais pu croire qu'Elizabeth puisse ne pas être son enfant?

Elle était une Tudor jusqu'à l'os, intelligente et vive, courageuse et avec un amour de la vie. Elle était la fille de sa mère aussi, pleine d'esprit, gracieuse et charmante, montrant déjà des signes qu'elle serait un jour une femme magnifique, comme Anne. Elle combinait les meilleures qualités de ses deux parents, et était une enfant charmante, le joyau de l'Angleterre, parfaite en tout point… en tout point sauf un, du moins.

Si Elizabeth avait été un garçon, elle aurait été tout ce qu'il aurait jamais souhaité avoir chez un enfant, ou chez un héritier.

Dieu avait été tellement généreux quand il avait s'agit de conférer des cadeaux à sa petite fille, Il aurait sûrement été encore plus généreux avec un fils. Si son sang s'était mêlé à celui d'Anne pour créer une fille aussi remarquable, alors un fils né de leur union serait véritablement une merveille à contempler... enfin, s'ils étaient un jour bénis avec un garçon.

Si Dieu avait l'intention de leur permettre un descendant mâle, Il s'y prenait remarquablement lentement. Plus de trois ans de mariage et tout ce que cela leur avait rapporté était une fille – une fille incroyablement douée, Henry le reconnaissait librement, mais une fille quand même – et deux fausses couches, deux chances pour un fils fort arrachées avant que les grossesses n'aient l'occasion d'arriver à terme. Il réprima le rappel lancinant que, sans la malchance d'Anne de l'avoir trouvé avec Maîtresse Seymour, la deuxième fausse couche aurait peut-être pu être évitée, le garçon étant porté jusqu'à terme et naissant fort et en bonne santé, un beau Prince de Galles. A la place, il se rappela de ses paroles à Anne et à Cromwell après que le bébé ait été perdu, sa conviction que cela était une preuve qu'aucun descendant mâle ne leur serait accordé et sa résolution de dissoudre leur mariage et de prendre une autre épouse.

Cela était hors de question maintenant, il le savait.

Anne était son épouse et sa Reine et elle le resterait jusqu'au jour où l'un des deux mourrait mais Henry ne pouvait pas ignorer le savoir morne que, si Anne échouait à lui donner un fils vivant – ou peut-être même n'importe quel autre enfant vivant – alors Elizabeth serait sa seule héritière légitime, la prochaine Reine d'Angleterre.

Cela ne serait peut-être pas une mauvaise chose, se dit Henry alors qu'il s'approchait et pouvait entendre le rire d'Elizabeth plus clairement. Sa fille était une magnifique enfant conquérante, maligne et en bonne santé, avec un esprit fort et un corps solide. Sa fille serait une bien meilleure héritière que n'importe quel fils d'homme pourrait être, il en était sûr mais il ne pouvait pas se sentir tout à fait à l'aise à la pensée de laisser Elizabeth comme unique héritière.

Elle n'était pas un fils.

Malgré toutes ses excellentes qualités, elle n'était pas un fils et il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter de si le poids de la couronne se révélerait trop lourd à porter pour une femme, peu importe à quel point elle pouvait être douée.

Il contourna les arbustes, apercevant Anne et Elizabeth mais il resta en retrait, les regardant de derrière un buisson caché.

Il n'y avait aucun signe de Lady Bryan. Anne avait dû congédier la gouvernante de leur fille pour qu'elles puissent être seules, bien qu'il remarqua que deux des dames d'Anne étaient présentes, assez près pour pouvoir les observer mais assez loin pour leur permettre de jouer ensemble, sans entrave. Le chien d'Anne, une boule de poils blancs dont elle était folle, était avec elles et Elizabeth s'amusait en lançant une petite balle de cuir au petit animal, couinant de plaisir lorsqu'il courut après, la ramassant et revenant vers elle avec son prix fermement serré entre ses mâchoires.

“Regardez, Maman!” Elizabeth prit la balle, qu'Henry imaginait être mouillée avec la bave du chien, de la gueule de l'animal et la tendit pour qu'Anne la prenne. “A votre tour.” Lui dit-elle solennellement.

Henry regarda Anne, une femme habituellement méticuleuse avec une patience limitée pour la crasse ou la saleté de toute sorte, accepter la balle sans hésitation, ne semblant pas du tout inquiète par la possibilité de crasse, la jetant quelques mètres plus loin pour que le chien puisse se lancer après. Le chien jappa avec excitation alors qu'il se ruait après la balle, courant aussi vite que ses petites pattes pouvaient le porter et trébuchant presque dans son excitation d'aller chercher le jouet et de le ramener à sa maîtresse.

Henry observa en souriant mais la scène était douce-amère.

Il ne pouvait pas s'empêcher d'être conscient du fait que, s'il avait signé l'arrêt de mort d'Anne quand il avait entrepris de le faire, s'il n'avait pas voyagé jusqu'à Wolf Hall et entendu les paroles de Jane, paroles qui l'avaient convaincu de regarder de plus près les accusations portées contre Anne et qui l'avaient indirectement mené à apprendre son innocence, elle serait probablement morte à l'heure actuelle, ou dans quelques jours tout au plus, et c'était lui qui aurait condamné une femme innocente à mort, privant sa propre fille de l'amour d'une mère dévouée et aimante. Selon toute vraisemblance, il aurait épousé Jane, ne sachant pas à quel point elle était indigne d'être son épouse, sa Reine ou la mère de ses fils, et bien qu'il devait admettre qu'elle était une femme aimable, qui aurait certainement traiter sa nouvelle petite belle-fille avec gentillesse et considération, elle n'aurait jamais pu être en mesure de remplir le vide que la mort d'Anne aurait laissé dans la vie d'Elizabeth.

En épargnant la vie d'Anne et en proclamant son innocence, il s'était lié à elle, une épouse peut-être stérile, pour le restant de sa vie, abandonnant peut-être sa possibilité d'avoir un fils légitime, mais il avait aussi assuré qu'Elizabeth continuerait à jouir de l'amour et de la dévotion d'Anne, au lieu de rendre son enfant innocente orpheline de mère avec quelques traits de plume.

Le sacrifice de sa possibilité d'avoir un fils en valait-il la peine s'il pouvait protéger Elizabeth de la peine de perdre une mère aimante?

Henry ne le savait honnêtement pas.

Le rire d'Anne se mêla à celui d'Elizabeth face aux singeries du chien et Henry se prit à désirer les rejoindre, pour partager leur jeu et leur joie, pour avoir l'impression de faire partie du monde qu'elles partageaient, comme il devrait l'être, pour compléter la trinité d'Homme, Femme et Enfant avec sa famille mais, bien qu'il avait envie de s'avancer, de leur révéler sa présence, il hésita.

Allaient-elles l'accueillir ou verraient-elles son arrivée comme une intrusion de leur jeu?

Seraient-elles heureuses qu'il se joigne à elles ou sa présence jetterait-elle une ombre sur leur gaieté, faisant taire leur rire et les mettant tous les trois mal à l'aise en présence les uns des autres.

Comment sa fille réagirait-elle s'il révélait soudainement sa présence?

La dernière fois qu'il avait vu Elizabeth, sa fille était dans les bras de sa mère alors qu'Anne la portait dans les jardins pour l'implorer – s'il l'avait écoutée à l'époque, combien de douleur et de difficultés se serait-il peut-être épargné lui-même? – et Henry savait que l'expérience avait dû l'effrayer. Elle avait peut-être été trop jeune pour comprendre ce qu'il se passait mais elle était certainement assez âgée pour reconnaître sa colère, de même que la peur et le désespoir d'Anne, et d'être effrayée par les deux.

Il ne pensait pas pouvoir le supporter, s'il marchait jusqu'à elles, uniquement pour voir de la peur dans les yeux d'Elizabeth… ou dans ceux d'Anne.

Si elles étaient heureuses ensemble, si elles étaient tellement prises par leur jeu qu'elles pouvaient oublier tout ce qu'il s'était passé ces deux dernières semaines, même si ce n'était que pour un court instant, alors il n'interviendrait pas pour gâcher leur plaisir.

Après tout ce qu'il s'était passé, il n'en avait pas le droit.

Ne voulant pas qu'elles l'entendent, il s'esquiva aussi vite et aussi discrètement que possible, le son de leur rire faiblissant de plus en plus alors qu'il s'éloignait de sa femme et de sa fille, en direction du palais.

A suivre...
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:52

Chapitre Sept

19 Mai 1536

C'était comme si la mauvaise fortune donnait une certaine odeur, une puanteur aigre avertissant les gens de garder leur distance, de regarder ailleurs quand il approchait ou de détourner les yeux, comme si en rencontrant son regard ils pourraient se condamner à un malheur similaire.

Alors qu'il traversait la cour, George avait l'impression de pouvoir sentir les questions inexprimées, sentir la curiosité des gens comme si c'était une chose tangible. Beaucoup des personnes qu'il avait croisées auraient donné n'importe quoi pour pouvoir lui demander comment il s'en était tiré durant sa période de captivité, ce qu'il ressentait par rapport au procès et à sa peine, s'il nourrissait du ressentiment envers le Roi concernant le fait d'avoir été arrêté en premier lieu, ce qu'il savait des circonstances de l'investigation du Roi et de leur soudaine disculpation, jusqu'à quel point la famille Seymour avait été impliquée... toutes des questions qu'ils n'oseraient jamais lui poser à voix haute.

Les courtisans agissaient avec prudence ces jours-ci, peu disposés à risquer d'offenser quelqu'un en posant des questions qu'ils ne devraient pas et aucun ne sachant avec certitude s'ils devaient à nouveau chercher à entretenir l'approbation de la famille Boleyn ou si la Reine et ses proches étaient toujours en disgrâce avec le Roi et qu'il serait dans leur intérêt de garder leur distance d'eux.

Il n'était pas étranger à la curiosité, bien sûr. C'était une partie inévitable de la vie à la cour, un résultat de tant de personnes de hauts rangs vivant si près les unes des autres, chacune d'entre elles sachant qu'elles devaient s'affronter les unes les autres pour des faveurs royales si elles espéraient prospérer. Chacun avait les yeux fixés sur ceux autour de lui, reconnaissant que, à la cour, un homme sage devait rester sur ses gardes et être toujours à l'affût pour des informations qu'il pourrait soit utiliser contre un potentiel rival soit entretenir la bonne grâce d'un potentiel bienfaiteur. En tant que Boleyn, George avait attiré plus d'attention que la plupart mais, alors que cela avait été agaçant, cela n'avait jamais été aussi oppressant que l'attention dirigée vers lui aujourd'hui.

Avant le mariage d'Anne avec le Roi, les gens les regardaient, elle et sa famille, avec des yeux spéculateurs, essayant de déterminer quelles chances ils avaient de réellement réussir à placer l'une des leurs sur le trône, évinçant Katherine et amenant le Roi à déshériter sa fille bienaimée. Si Anne allait être Reine, alors il était dans leur intérêt d'être parmi les premiers à parvenir dans ses bonnes grâces mais, si elle échouait à atteindre son objectif, il était peu probable que Katherine ait un regard tendre sur ceux qui avaient cherchés à s'allier avec sa rivale.

Anne avait été quotidiennement observée pour des signes de grossesse, ou n'importe quel indice qu'elle avait finalement cédé aux avances du Roi et partagé son lit, quelque chose qui, beaucoup prédisait, mènerait à la dissipation rapide de son influence. Les gens étaient toujours à l'affût d'un signe que le Roi se lassait peut-être d'elle, qu'il avait peut-être décidé que la peine qu'il ne donnait pour pouvoir l'épouser puisqu'elle ne voulait pas être sa maîtresse ne valait pas le coup, et qu'il serait bien mieux en oubliant toute cette idée, en restant avec son épouse et en trouvant une autre femme pour réchauffer son lit, une femme qui ne considérait pas que se voir offrir le rôle de maîtresse était une insulte.

Ils observaient George et son père aussi à cette époque, connaissant chaque nomination, concession de terres ou cadeau que le Roi leur accordait aussitôt que c'était donné, si pas avant. Certains prétendaient ressentir du dédain devant le fait que les hommes Boleyn devaient tant de leur nouvelle prospérité à leur magnifique fille et sœur plutôt qu'à leur propre mérite, se moquant d'eux car ils s'étaient élevés parce que le Roi désirait Anne et parce qu'ils étaient prêts à l'utiliser comme appât pour s'assurer des faveurs royales, mais George ne s'en troublait pas, sachant qu'il y avait très peu d'hommes à la cour qui n'auraient pas donné leur bras droit pour être à sa place, ou celle de son père, doté d'un avantage indéniable par rapport aux autres courtisans, un avantage qui assurait qu'ils seraient les plus fortement favorisés par le Roi.

A cette époque, la curiosité des autres courtisans était presque agréable. Il était conscient du fait que les gens le regardaient avec envie et il pouvait prendre plaisir à apparaître avec de nouveaux vêtements et ornements clairement onéreux, sachant que tous ceux qui le verraient pourraient évaluer la valeur de sa tenue aussi efficacement que n'importe quel marchant, les utilisant comme critère pour mesurer la faveur croissante du Roi envers les Boleyn.

Le mariage d'Anne avait été tenu en secret, un subterfuge nécessaire étant donné qu'ils avaient dû concilier le besoin que son union avec le Roi soit célébrée le plus tôt possible, en raison de son état et de la nécessité de légitimiser l'héritier qu'elle portait, avec le besoin d'attendre que l'Evêque de Rome puisse envoyer la bulle pour confirmer que Cranmer était l'Archevêque de Canterbury. Cependant, malgré le secret, malgré toutes les précautions prises pour s'assurer que personne en dehors de leur cercle le plus proche n'ait connaissance du mariage avant que l'Evêque de Rome n'ait envoyé la bulle, pour que Cranmer puisse déclarer l'union du Roi avec Katherine nul et non avenu, confirmant que son mariage avec Anne était celui qui était véritable et valide avant que quiconque ne puisse l'apprendre, les rumeurs circulaient librement et beaucoup des suppositions étaient bien plus exactes qu'elles n'auraient dû l'être.

Anne en était en partie responsable, évidemment; son échange avec Wyatt concernant sa nouvelle envie de pommes et la suggestion du Roi que cela pouvait être un signe de grossesse avait circulé dans toute la cour une heure après avoir été prononcée, ajoutant de l'huile sur les flammes des ragots.

Après que Cranmer eut proclamé qu'Anne était la véritable épouse du Roi et après qu'elle eut été couronnée comme Reine, les gens affluèrent pour voir sa famille, espérant qu'ils pourraient profiter de leur amitié. Leur position était puissante à l'époque, devant devenir bien plus puissante si Anne parvenait à donner au Roi le fils qu'il désirait et les courtisans souhaitaient profiter de l'association avec la première famille de la cour. Des personnes qui les auraient éviter comme la peste quand Katherine résidait toujours à la cour, jouissant de son statut de Reine et donnant l'impression que la puissance de son neveu assurerait qu'elle émergerait vainqueur de la bataille, étaient parmi les premières à se hâtes vers eux avec des assurances d'amitié et de magnifiques promesses de service futur, s'ils exigeaient jamais quelque chose d'eux.

A cette période, George aimait repousser leurs offres, savourant la sensation de pouvoir donner ou de refuser des faveurs, comme il lui plaisait. C'était agréable de pouvoir regarder des paires et leurs fils, des hommes qui avaient autrefois jugés les Boleyn comme à peine dignes de leur attention, guère nés plus haut que des roturiers vivant et travaillant sur leurs terres, et de leur faire clairement comprendre, sans réellement dire quoi que ce soit, que s'ils espéraient qu'il oublie leurs insultes passées et qu'il accepte leur amitié, ils se trompaient grandement.

Avec le recul, il pouvait voir que cela avait peut-être été une erreur de sa part.

S'il avait accepté les offres d'amitié et fait plus pour ceux qui cherchaient son approbation, auraient-ils été prêts à le défendre quand il avait eu besoin de la protection d'amis nobles?

Quand Elizabeth était née, plus d'un avait ri, quoi que toujours en secret, car la colère du Roi serait retombée sur quiconque qu'il pensait se réjouir de sa déception. Il y avait eu des chuchotements moqueurs concernant le fait que, après toute la peine que le Roi s'était donnée pour se remarier et enfanter un héritier, tout ce qu'il avait eu en retour de ses efforts était une deuxième princesse, une princesse avec une mère née roturière et dont la légitimité et le statut étaient douteux, au mieux. Les rumeurs abondaient quant à savoir si le Roi, maintenant qu'Anne avait prouvé qu'elle n'était pas capable de faire mieux que Katherine, chercherait à la rejeter et à retourner vers Katherine, se consolant avec le fait que, au moins, la Princesse Mary était gagnante, une fille qui se vantait des connexions avec d'autres maisons royales Européennes du côté de sa mère, et se résignant à l'idée de l'avoir comme héritière légitime.

Si George était honnête avec lui-même, il devait admettre qu'il avait lui-même craint cette possibilité, surtout lorsqu'il avait été su que le Roi avait pris Lady Eleanor Luke comme maîtresse, mettant un terme à ses longues années de fidélité à Anne, mais il avait sous-estimé sa sœur, tout comme il avait sous-estimé l'amour du Roi pour elle. Avant qu'Elizabeth n'ait trois mois, Anne était à nouveau enceinte et l'intérêt du Roi pour Lady Eleanor s'était avéré être une passade, tellement qu'il n'avait pas pris la peine de contrer les ordres d'Anne que la femme devait être renvoyée de la cour en émettant une invitation pour son retour et en réprimandant son épouse car elle avait renvoyé une femme qu'elle savait être sa favorite sans d'abord avoir obtenu sa permission.

Si le deuxième enfant d'Anne, ou même son troisième, avait survécu et était né en bonne santé et de sexe masculin, les choses seraient tellement différentes maintenant.

A la place de voir les gens chuchoter sur son passage, spéculant sur la période qu'il avait passée en tant que prisonnier de la Tour et se demandant si sa grâce allait signifier une restauration dans les faveurs du Roi ou si ses jours de faveurs et de gloire étaient finis et qu'il ne serait plus autorisé à rester la cour seulement dans l'intérêt des apparences et pas parce que le Roi souhaitait qu'il soit là, ils le regarderaient comme l'oncle du futur Roi d'Angleterre, espérant obtenir son amitié et prêt à faire quoi qu'il en coûte pour la gagner.

Quand il entendit un chuchotement sifflé d'un jeune homme, dont la discrétion n'était manifestement pas le point fort, il fût fortement tenté de s'arrêter pour lui raconter, de façon très détaillée, lesquelles de ses anciennes fonctions et propriétés lui étaient maintenant restituées et lesquelles restaient en la possession d'autres, satisfaisant leur curiosité une fois pour toute.

La plus grande partie de ce qui était à lui autrefois lui appartenait à nouveau maintenant.

Le Roi lui avait envoyé un message, lui laissant savoir qu'il était disculpé de toutes les accusations et que ses postes de Maître de Buckhounds, Gouverneur des Cinq-Ports et même Maître de l'Hôpital pour les Fous de Bedlam – un titre que George aurait été disposé à perdre, même s'il devait le perdre pour un Seymour, car il ne considérait pas que le revenu généré par la position valait les taquineries, bon enfant et autre, qu'il attirait en conséquence – allaient naturellement lui être restitués, de même que le revenu payé pour chaque poste.

Deux jours plus tôt, Thomas Seymour était venu le voir de mauvaise humeur, quelque chose qu'il avait à peine pu cacher, pour lui présenter les actes du manoir de Grimstone, la propriété dont l'autre homme n'avait joui que quelques jours avant de devoir la rendre dans les mains de son propriétaire légitime, quelque chose qu'il avait fait de mauvaise grâce, son ressentiment presque palpable. George avait pris un grand plaisir à faire durer la rencontre le plus longtemps possible, sachant à quel point l'homme était mal à l'aise et embarrassé de devoir rendre personnellement en main propre l'un des principaux gains qu'il avait obtenu grâce à l'engouement du Roi avec Maîtresse Jane.

Les Seymour étaient en terrible disgrâces ces jours-ci, passant d'être les favoris du Roi, la famille de la femme qu'il avait l'intention de mettre à la place d'Anne en tant que Reine, à être bannis et dépouillés de leurs honneurs et d'une grosse partie des revenus dont ils avaient jouis de par des postes variés – des postes qui allaient maintenant être distribués parmi les homme qui avaient été condamnés avec Anne, le comble de l'ironie.

Peut-être était-ce la manière du Roi d'essayer de les dédommager pour le fait qu'ils avaient été emprisonnés à tort, peut-être souhaitait-il montrer clairement à tout le monde à la cour ce qu'il en était exactement et s'assurer que tout le monde savait que les Seymour étaient sous une ombre de disgrâce qui ne pourrait jamais être levée, mais peu importe la raison, George avait quand même été amusé et légèrement content d'entendre qu'il était susceptible d'hériter d'une portion significative du butin pris à la famille Seymour, y compris leur traditionnelle tutelle de la Forêt de Savernake. Il mentirait s'il proclamait que l'idée de se voir attribuer une position qui avait été dans la famille Seymour pendant des siècles ne lui plaisait pas.

Peut-être que le Roi croyait que s'il honorait la famille Boleyn, s'il indemnisait George, Norris et Brereton avec des terres et des intendances et d'autres fonctions, il pourrait compenser le fait qu'ils avaient été aussi près d'être exécutés. George pouvait imaginer que son père serait assez content d'accepter n'importe quelle prime que le Roi choisirait de lui conférer, toujours prêt à tirer le plus de profit qu'il pouvait, même de la situation la plus désagréable. Il n'avait jamais été un homme à décliner un présent, d'un ami ou d'un ennemi. S'il avait été plus courageux ou plus idiot, George aurait pu respectueusement mais fermement décliner les offres qui lui avaient été faites, montrant clairement au Roi qu'il n'était pas un homme qui pouvait être acheté, mais il était assez raisonnable pour savoir qu'un homme sage devrait profiter de chaque opportunité qu'il se voyait offrir, peu importe les circonstances. Il ne savait jamais quand le jour viendrait où il serait content de ces offres.

En ce qui concernait Norris, George était prêt à parier que l'homme avait seulement accepté les fonctions et propriétés qui lui avaient été offertes dans l'intérêt de sa famille, les enfants qui s'étaient presque retrouvés orphelins et dans la misère parce que leur père, par un hasard maléfique, avait été nommé par ceux qui cherchaient à se débarrasser d'Anne, parce qu'il avait fait partie du peu de personnes à la cour qui admiraient sincèrement Anne et qu'il était ouvert quant à l'expression de cette admiration à une époque où les autres faisaient attention de ne pas s'autoriser à être vu comme étant trop proche d'une Reine dont la position était précaire, au mieux. S'il avait été exécuté en tant que traitre, sa propriété aurait été confisquée et ses enfants auraient été laissés sans ressource. Maintenant, il voudrait faire ce qu'il pouvait pour les protéger de ce destin.

George n'avait pas la moindre idée de si Brereton s'était vu offrir quoi que ce soit, bien qu'il suspectait que cela serait le cas tôt ou tard, et qu'il était susceptible d'accepter.

Evidemment, il était très peu probable que les mêmes offres soient étendues à Mark.

En tant que roturier, en tant qu'humble musicien, même si dans le service royal, il était peu probable que le Roi considère qu'il était nécessaire de l'apaiser ou même de faire amende honorable avec lui, comme avec les autres. Tout comme son statut ne l'avait pas sauvé d'être emprisonné dans les donjons et torturé jusqu'à ce qu'il donne à Cromwell la confession qu'il cherchait, il faciliterait la vie au Roi pour oublier qu'il avait ordonné son arrestation, encore plus qu'il avait été aussi près de le laisser être exécuté, et il ne sentirait pas aussi enclin de l'indemniser pour ce qui était arrivé.

Pour le Roi d'Angleterre, que valait la vie ou le bien-être d'un roturier de plus?

George voulait pouvoir aller dans la Tour et dans la maison du Gendarme, où Mark devait être logé jusqu'à ce que ses blessures soient assez guéries pour lui permettre de partir, afin de pouvoir lui rendre visite et se rassurer lui-même qu'on prenait bien soin de lui, mais il se gardait bien d'essayer. Il ne pouvait pas attirer l'attention sur son amitié avec Mark, encore moins donner un quelconque indice que l'autre homme représentait plus que cela pour lui. Il était observé de près maintenant, et devait être prudent. Dans leur intérêt à tous les deux, il était vital qu'il garde ses distances.

Son pas était rapide alors qu'il faisait son chemin dans les couloirs, se faufilant entre les courtisans s'affairant et marchant vers les appartements de sa sœur, répondant au message qu'elle avait envoyé en demandant qu'il lui rende visite. Il n'avait pas vu Anne ces deux derniers jours, depuis qu'ils avaient été relâchés de la Tour, et il n'avait pas encore eu l'intention de la voir, pas aussi tôt mais, frère ou non, il ne pouvait pas désobéir ouvertement à une requête de la Reine d'Angleterre.

Anne se leva aussitôt qu'il entra dans ses quartiers, lui faisant un sourire de bienvenue chaleureux et faisant signe, avec un geste rapide, pour que ses servantes quittent la pièce pour leur donner un peu d'intimité, ne voyant pas le renfrognement d'avertissement de George ni la secousse presque imperceptible de sa tête.

Bien que, pour des raisons de convenance, elle avait toujours pris soin de veiller à ce qu'une de ses dames soit à portée de voix quand elle recevait d'autres gentilshommes, Anne congédiait toujours ses dames quand son père ou son frère lui rendait visite, afin qu'elle puisse parler en privé avec sa famille, mais cela était avant. Maintenant, c'était une autre affaire. Tout avait changé et ils ne pouvaient plus se comporter comme ils le faisaient autrefois. Anne aurait dû savoir qu'elle ne pouvait pas penser qu'ils le pouvaient.

George tendit la main pour attraper le coude d'une des dames de sa sœur, l'empêchant de partir. “Vous pouvez rester pour assister Sa Majesté.” lui dit-il avec hâte.

Maîtresse Gainsford se tourna vers Anne, une expression perplexe sur le visage, cherchant un signe de la Reine pour savoir si elle devait suivre l'instruction de George ou si cela était le souhait d'Anne qu'elle parte avec les autres. Anne lui fit un signe de la tête, indiquant qu'elle pouvait rester, donc elle prit place sur un siège près de la porte, assez loin pour laisser aux frère et sœur une certaine intimité pendant qu'ils conversaient mais assez près pour être à portée de main s'ils avaient besoin de quoi que ce soit… et assez près pour pouvoir être témoin qu'il n'y avait rien d'inconvenant dans leur conduite.

Gardant prudemment une distance de plusieurs mètres entre sa sœur et lui, George fit une révérence, la saluant de manière formelle. “Vous vouliez me voir, Votre Majesté?”

“Oui.” acquiesça Anne, scrutant attentivement le visage de son frère, inquiète pour lui. “Je n'avais pas eu de vos nouvelles et je craign… Je voulais savoir comment vous vous portiez.” se corrigea Anne, ne voulant pas exprimer ses craintes à son sujet aussi ouvertement devant un témoin, même l'une de ses propres dames.

“Je vais assez bien.” lui dit platement George, attendant qu'elle s'asseye avant de prendre l'un des fauteuils en face d'elle, prenant soin de s'assurer qu'il maintenait la distance entre eux. Il sourit avec ironie. “Sa Majesté a été eu la gentillesse de me restituer la plus grande partie de mes anciennes fonctions et propriétés.” observa-t-il. “Et je vais également être doté de nouveaux appartements, plus grands.” Le dernier était une nécessité, du moins pour le moment; George avait ressenti un plaisir sinistre quand il était revenu à Whitehall pour apprendre que Jane avait été placée en résidence surveillée sur ordre exprès du Roi, interdite de sortie des appartements qu'ils avaient autrefois partagés. Il était escompté qu'elle serait bientôt arrêtée et inculpée pour faux témoignage contre son époux et sa belle-sœur et George était loin d'être désolé de penser qu'il allait bientôt être débarrassé d'elle.

“C'est bien.” dit Anne avant de baisser la voix. “Et les autres?” Naturellement, aucun des hommes qui avaient été condamnés d'être ses amants n'auraient osé mettre les pieds dans ses appartements sans y avoir été invités et, étant donné les circonstances, elle savait qu'il valait mieux ne pas les faire appeler, les mettant dans la position délicate de soit devoir se retrouver face à face avec la femme pour qui ils auraient pu été exécutés, attirant peut-être les soupçons sur eux en lui rendant visite dans ses quartiers, soit en refusant une requête directe de leur Reine, mais personne ne pouvait sérieusement voir le mal dans son souhait de parler à son frère.

“Je ne sais pas grand chose concernant Norris et Brereton.” répondit George d'un ton sec. “Je peux vous dire qu'ils sont à la cour, et qu'ils sont toujours des hommes libres mais je ne leur ai pas parlé depuis qu'ils ont été relâchés. Mark…” Il s'interrompit, une boule se formant dans sa gorge en pensant à l'agonie qui avait dû être infligée à son ami, son amant et son plus véritable compagnon, et la douleur qu'il devait toujours endurer alors que ses blessures guérissaient.

“George?” incita doucement Anne, voyant la souffrance dans les yeux de son frère et voulant instinctivement le réconforter. Elle se leva, marchant jusqu'à son siège et se penchant pour placer ses bras autour de lui, seulement pour que sa tentative d'étreinte soit rabrouée quand son frère repoussa brutalement ses mains, se relevant avec hâte et s'éloignant d'elle, jetant un oeil à Maîtresse Gainsford, comme s'il craignait les conclusions que la femme pourrait tirer.

"Qu'est-ce qui ne va pas chez vous?!” exigea-t-il en un chuchotement sifflé, lui lançant un regard noir et se demandant si elle avait perdu ses esprits. Est-ce que les évènements des dernières semaines n'avaient fait aucune impression sur elle? N'avait-elle rien appris sur la discrétion avec tout ce qu'il s'était passé et d'à quel point ils avaient tous été près de mourir? Que faudrait-il pour apprendre à Anne qu'elle devait être prudente? Combien de personnes allaient devoir souffrir avant qu'elle ne se mette dans la tête que sa position exigeait qu'elle se comporte d'une manière bien plus convenable que ce qu'elle n'avait fait jusqu'à présent?

Les yeux d'Anne étaient écarquillés alors que son frère se reculait d'elle de quelques pas, comme s'il craignait d'être brûlé ou contaminé s'il la touchait.

Cette affreuse affaire ne lui avait pas sérieusement coûté son frère aussi.

Maîtresse Gainsford détourna les yeux de la scène devant elle, souhaitant que Lord Rochford ait choisir l'une des autres pour rester chaperonner leur rencontre. Elle était assez maline pour pouvoir comprendre pourquoi Lord Rochford avait souhaité qu'elle soit présente pour pouvoir être témoin du fait que rien d'inapproprié ne se produisait entre la Reine et lui – bien que, à son avis, les allégations d'inceste donnaient une mauvaise image des accusateurs qui avaient inventé un mensonge aussi dégoûtant, pas à la Reine et son frère qui étaient innocents de ces accusations – mais cela ne la faisait pas se sentir plus à l'aise devant le fait d'être présente pour cet échange, voyant la colère sur le visage de Lord Rochford et la souffrance dans les yeux de la Reine tandis que son frère la repoussait loin de lui.

Cela fût un grand soulagement pour elle lorsqu'elle entendit des pas approcher de la porte, suivis par un coup et elle ne fût que trop heureuse quand Anne fit un signe de tête pour lui indiquer qu'elle pouvait laisser entrer le visiteur.

“Le Comte de Wiltshire, Votre Majesté.” annonça-t-elle, faisant entrer Thomas Boleyn dans la pièce.

Aussitôt qu'il entra, Boleyn saisit la scène devant lui d'un regard balayant, remarquant les expressions sur les visages de ses enfants. “Laissez-nous.” Ordonna-t-il à Maîtresse Gainsford, qui était heureuse d'obéir. “Qu'est-ce qu'il se passe ici?” demanda-t-il, son regard passant d'Anne à George pour obtenir des réponses et fronçant les sourcils quand il vit la tristesse dans les yeux d'Anne. “Que lui avez-vous dit?” demanda-t-il sèchement à George.

George ne répondit pas au premier abord, ne sachant pas quoi dire. Ce n'était pas qu'il voulait blesser Anne, et il ne la blâmait pas pour ce qu'il s'était passé... ou la blâmait-il? Il n'en était pas sûr.

Elle ne pouvait pas être blâmée pour le fait que ses ennemis avaient saisi l'occasion de se débarrasser d'elle en l'accusant d'infidélité, sachant que s'ils pouvaient faire croire aux accusations, Anne payerait leurs mensonges de sa vie, libérant le Roi pour qu'il puisse se remarier avant que son corps ne refroidisse, faisait de la putain de Seymour la Reine et plaçant un morveux né de son ventre sur le trône en tant que prochain Roi d'Angleterre, mais son comportement ne leur avait certainement pas rendu la vie particulièrement dure pour inventer des allégations contre elle, allégations qui avaient été juste assez crédibles pour lui permettre d'être condamnée.

Entre ses folles déclarations sur son désir de voir Katherine et Mary mortes et son plan d'ordonner leurs exécutions si elle devait se retrouver Régente en l'absence du Roi, tout cela avec sa préférence pour la compagnie masculine et le fait qu'elle recevait occasionnellement des hommes dans ses quartiers, faisant appeler Mark pour qu'il joue pour elle en soirées, elle leur avait donné la corde dont ils avaient besoin pour la pendre… pour les pendre tous.

Mark adorait Anne, il le savait. Il l'aurait traitée avec bienveillance dans tous les cas, étant donné qu'elle était la sœur de George, mais il l'appréciait également pour elle-même, et prenait pitié d'elle à cause de la négligence du Roi. Sa sympathie pour Anne et son empressement à passer du temps avec elle et à agir en tant que confident quand elle avait besoin de sa compagnie lui avaient presque coûté la vie, et la torture qu'il avait endurée avant de pouvoir être persuadé de faire de faux aveux qui la condamnerait, avait ruiné son corps et sa santé, peut-être au-delà de tout espoir de rétablissement.

“Elle doit être plus prudente.” dit-il enfin. “Nous avons été chanceux cette fois. Cela ne peut plus se reproduire.”

Sans un autre mot, il quitta la pièce, laissant son père et sa sœur seuls.

“A-t-il raison, Papa?” demanda doucement Anne, après qu'un silence se soit étiré un long moment. “Est-ce arrivé à cause de ce que j'ai fait?”

“Non.” répondit immédiatement Boleyn, parlant honnêtement. Le comportement d'Anne avait peut-être manqué de discrétion de certaines manières, et il ne pensait certainement pas que cela ferait du mal si elle était plus prudente à l'avenir, mais cela n'aurait pas donné lieu à des commentaires dans d'autres circonstances. Si sa position avec le Roi n'avait pas été affaiblie, le laissant plus disposé à croire les accusations formulées contre elle qu'il ne l'aurait été en des temps plus heureux, si ses ennemis n'avaient pas senti la faiblesse de sa position et encerclé comme des vautours, impatients d'avoir une chance de la détruire, personne n'aurait cru que ses amitiés avec des courtisans hommes étaient autre chose qu'innocentes, ni suspecté qu'elle aurait même contemplé l'idée de l'adultère. “Ce n'est pas votre faute, chérie.” dit-il gentiment, ne voulait pas qu'elle soit bouleversée.

Anne hocha la tête, reconnaissante pour ses tentatives de réconfort et essayant de réprimer le doute persistant qu'il essayait peut-être de la consoler avec un mensonge rassurant. Une partie d'elle s'en fichait si cela était le cas. Une partie d'elle voulait croire qu'il mentirait dans son intérêt. C'était un changement rafraichissant d'avoir son père dans son camps à nouveau, pas comme un homme ambitieux cherchant l'ascension à travers elle, mais comme le papa aimant dont elle se souvenait, dans son enfance, avant même qu'elle n'arrive à la cour. “Elizabeth a dit que ses servantes avaient discuté du fait qu'elle allait peut-être devenir une bâtarde.” dit-elle, ayant besoin de parler de ce qu'elle avait entendu à quelqu'un.

Boleyn acquiesça avec compréhension, n'étant pas surpris de ce qu'il entendait. “Je m'étais demandé si cela allait peut-être arrivé.” dit-il doucement, prenant la main de sa fille dans la sienne et la guidant près des sièges devant le feu, s'asseyant avec elle.

“Mais j'allais être exécutée!” protesta Anne. “J'aurais été morte et il aurait pu épouser Maîtresse Seymour s'il le voulait. Il n'avait pas besoin d'annuler notre mariage aussi.”

“Je sais,” convint Boleyn, se renfrognant à la pensée d'une Seymour assise sur le trône. “Mais peut-être que le Roi souhaitait s'assurer qu'un enfant né de son mariage avec Maîtresse Seymour serait son héritier légitime, même si elle ne lui donnait qu'une fille, et Elizabeth aurait été son héritière légale, peu importe de quoi vous étiez accusée – et, selon la rumeur, sa famille et elle sont des partisans de Lady Mary.” lui rappela-t-il “Je pense que, après ce qu'il s'est passé, nous pouvons dire à coup sûr que ces rumeurs sont véritables. Ils avaient tout intérêt à voir votre mariage annulé et Elizabeth déclarée bâtarde.”

Anne acquiesça. Cela était sensé; si Maîtresse Seymour avait espéré restituer Lady Mary, un acte qui était susceptible de lui faire gagner le soutien de l'Empereur, qui serait plus que content d'accueillir une Reine d'Angleterre qui était chaleureusement disposée envers sa cousine, alors elle aurait certainement su que la restauration de Mary serait impossible tant qu'Elizabeth était reconnue comme la fille légitime d'Henry, née d'une union légale. Elle pouvait comprendre pourquoi Maîtresse Seymour aurait espéré voir Elizabeth déclarée bâtarde mais cela ne voulait pas dire qu'elle était moins consternée et en colère concernant le fait qu'Henry ait été disposé à donner son accord.

“Je n'arrive pas à croire qu'Henry allait y consentir.”

“Il ne pourra plus le faire maintenant.” Voyant l'expression perplexe sur le visage d'Anne, Boleyn élabora. “Ne voyez-vous pas, Anne? Le Roi ne peut pas annuler son mariage avec vous maintenant, en aucune circonstance. Le peuple ne le tolèrerait pas.” Il lui fit un petit sourire. “Pour la première fois, ils sont de votre côté. C'est quelque chose dont vous pouvez profiter, si vous jouez bien vos cartes et que vous faites attention d'être le genre de Reine qu'ils veulent. Je ne vois que peu choses pour lesquelles ils pourraient vous condamner maintenant. ”
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:52

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Thomas Audley ne serait jamais un Cromwell, ni un Wolsey ni un More non plus.

C'était un homme bon et intelligent, et un serviteur fidèle, mais il n'avait pas l'esprit malin et perspicace de Cromwell, la compréhension intuitive de la diplomatie de Wolsey et la dévotion indéfectible à sa conscience de More.

En tant que Chancelier faisant fonction, c'était un travailleur efficace et Henry devait admettre que l'homme avait eu plusieurs bonnes idées qui avaient aidé à arranger les choses à la suite du procès d'Anne mais il ne pouvait pas envisager Audley comme remplaçant permanent. Il devrait bientôt trouver un nouveau Chancelier, quand les choses se seraient calmées et qu'il aurait l'occasion de réfléchir à qui il voulait choisir. Il y aurait beaucoup de personnes qui voudraient la fonction.

Ils avaient passé la matinée à travailler sur divers points qui avaient été quelque peu négligés ces dernières semaines, quand le procès d'Anne avait virtuellement tout dominé et il y avait plus d'une fois où Henry avait à moitié souhaité pouvoir avoir l'aide de Cromwell; Audley était trop nouveau au poste et trop inexpérimenté pour qu'Henry le laisser continuer le travail sans lui, donc il était obligé de rester travailler avec lui au lieu de partir, quelque chose qu'il aurait aimé faire.

L'idée de pouvoir partir faire un tour cheval avec Brandon, ou même juste de pouvoir être seul, un moment, était tentante mais il savait qu'il ne pouvait pas partir, pas avant qu'ils aient fini.

Tandis qu'Audley parlait d'une voix monotone, Henry fit la sourde oreille, débattant intérieurement de ce qu'il devrait faire concernant les hommes relâchés de la Tour… Anne était un problème laissé pour un autre jour.

Quand il avait dépouillé les hommes Seymour de tant de leurs postes officiels et de leurs intendances, leur retirant tous les cadeaux de propriété qu'il leur avait faits ces dernières semaines et ces derniers mois, il avait semblé juste que les hommes qui avaient été emprisonné dans la Tour devaient être ceux qui allaient profiter de la perte des Seymour. Cela n'était qu'approprié. Une fois qu'il avait pris sa décision, commençant à diviser le butin dans son esprit, il trouva qu'il était un peu plus tranquille.

Il avait fait une erreur quand il avait cru que l'investigation de Cromwell était complètement honnête et impartiale, il aurait dû s'intéresser de plus près à l'enquête et aux procès depuis de début, quelque chose qui lui aurait permis de voir l'innocence d'Anne avant que cela n'ait à moitié aussi loin que cela avait été, mais n'importe quel homme, même un Roi, pouvait commettre une erreur. Ce qui importait était qu'il n'avais pas permis que l'affaire progresse au point où des personnes innocentes auraient été exécutées. Les hommes avaient passé quelques semaines anxieuses dans la Tour et, dans le cas des hommes qui avaient été condamnés, ils avaient dû être effrayés quand ils avaient cru que leur mort était imminente, mais il y avait mis un terme à temps et il pouvait compenser leur frayeur avec des terres et des honneurs.

Une partie d'Henry avait espéré, quand il avait convoqué Norris pour lui faire savoir qu'il allait lui être accordé trois des intendances récemment dépouillées à Edward Seymour, qu'il verrait une lueur de gratitude, ou de plaisir au moins, dans les yeux de l'autre homme. Après tout, en tant que Roi, il ne devait des comptes qu'à Dieu seul et il ne revenait pas à l'un de ses sujets de garder de la rancune contre lui, même pour un emprisonnement injuste ou la calomnie de sa réputation. Norris avait accepté l'offre, le remerciant poliment mais il n'y avait pas eu de chaleur dans ses yeux. Il avait été méfiant près de lui, comme s'il avait eu peur qu'Henry allait lui tendre les cadeaux d'une main et le frapper de l'autre.

Au moins il avait accepté.

Brereton, non.

Au début, Henry n'avait pas été enclin à autoriser quoi que ce soit à l'homme, car il avait menti et presque damné Anne avec son mensonge mais, comme Audley l'avait timidement fait remarquer, le peuple s'attendrait probablement à ce que, si les autres devaient se voir accorder des faveurs, Brereton ne soit pas exclu et, après avoir réfléchi à la question, Henry avait accepté à contrecœur qu'il lui soit offert quelques postes très mineurs, comme un geste symbolique de bonne volonté de sa part.

Il aurait pu tout aussi bien ne pas prendre la peine.

Brereton avait décliné les offres qui lui avaient été faites, insistant maussadement qu'il ne voulait rien. D'abord, Henry avait pensé que l'homme espérait peut-être que, s'il semblait réticent à accepter l'offre initiale, il se verrait recevoir encore plus de générosité royale mais, même lorsqu'Henry dora la pilule en lui offrant un manoir complaisant dans le Kent, sachant qu'Audley avait raison qu'il fallait qu'il soit vu que quelque chose était fait pour Brereton, il continua de refuser.

Il était même allé jusqu'à laisser échappé que si Henry voulait lui faire plaisir, il serait reconnaissant que les positions qui lui étaient offertes soient données à la famille Seymour à la place.

C'était impossible, évidemment.

La famille Seymour était déshonorée et il serait impensable qu'Henry, quelques jours seulement après les avoir dépouillés de tant de choses qui leur appartenaient autrefois, change d'avis en leur rendant quoi que ce soit de ce qu'ils avaient perdu, même une petite fraction donnée à la requête d'un de ceux à qui ils avaient fait du tort. S'il faisait cela, il enverrait le mauvais message aux Seymour et à toute sa cour, un message qui les mènerait à croire que leur disgrâce n'était pas permanente et qu'ils pouvaient s'accrocher à l'espoir de pouvoir un jour être restaurés dans ses bonnes grâces.

Cela n'arriverait jamais et il valait mieux qu'ils, de même que le reste de la cour, ne nourrissent aucune illusion à ce sujet.

Quand Henry lui avait clairement fait comprendre qu'il n'accorderait rien aux Seymour, Brereton avait demander la permission de démissionner de sa fonction de valet de la Chambre Privée et de quitter la cour. Il n'avait pas dit où il souhaitait aller et Henry ne lui avait pas demandé, il n'avait pas non plus donné de réponse à sa requête, dans un sens comme dans l'autre. Il ne savait pas ce qu'il devait dire.

Une partie de lui serait très heureuse de voir Brereton partir, de savoir qu'au moins un des hommes ne seraient plus à la cour, qu'il n'aurait plus à regarder le visage d'un homme qu'il avait presque condamné à mort, un homme dont les mensonges avaient presque coûté sa vie à Anne, et savoir qu'il n'aurait pas à faire semblant de l'avoir dans ses bonnes grâces, mais une autre partie de lui savait qu'il était encore trop tôt pour autoriser l'un des hommes à partir. Si Brereton partait maintenant, cela donnerait l'impression qu'il avait été soit bannis en disgrâce, soit qu'il n'était pas disposé à vivre sous le même toit que le Roi qui l'avait presque envoyé à sa mort et ce n'était pas un message qui devait être envoyé.

Il avait dit à Brereton qu'il réfléchirait à sa requête et l'avait congédié.

Avec les deux autres hommes condamnés à tort, Henry avait lutté avec la décision de qu'il devait faire pour eux.

Naturellement, il ne pouvait pas donner à Mark Smeaton le même genre de présents qu'il aurait donné à un gentilhomme à sa place. Peu importe les circonstances, il lui serait absolument impensable d'accorder à un simple musicien le genre de fonctions et d'intendances officielles qu'un membre de l'aristocratie, si pas de la noblesse, pouvait escompter occuper et il ne serait pas approprié de sa part de lui accorder un manoir, une résidence tellement au-dessus de sa condition. Il avait toujours un peu de temps pour décider de qu'il souhaitait faire, étant donné que les médecins qu'il avait fait venir pour s'occuper du musicien avaient signalé qu'il faudrait encore quelques semaines avant qu'il n'ait récupéré de son calvaire à la Tour et qu'il puisse être en mesure de quitter la Maison du Gendarme.

Henry pensa qu'il lui accorderait une pension, telle qu'elle serait adéquate pour l'entretenir confortablement pour le reste de sa vie, car les médecins s'étaient tous accordés pour dire qu'il n'y avait pas d'espoir pour que Smeaton puisse à nouveau un jour gagner sa vie en jouant de la musique. Cela serait assez, et plus que ce que la plupart des Rois feraient à sa place, surtout étant donné la confession que Smeaton lui avait fait. Dans tous les cas, il avait un peu de temps pour réfléchir au problème avant de prendre une décision finale.

Il avait déjà restitué à George ses anciennes positions et propriétés, et lui avait accordé quelques postes détenus autrefois par les Seymour mais il ne savait pas si cela était suffisant ou s'il devait aller encore plus loin.

George était son beau-frère et, de tous les hommes accusés, il avait le plus de raison d'avoir de la rancune contre l'insulte lancée sur sa réputation. Norris, Brereton et Smeaton avaient été reconnus coupable d'adultère et de trahison mais, en plus de cela, George avait été entaché par les allégations d'inceste, un crime infect, contre nature, tel qu'il souillait le nom des accusés dès que les accusations étaient exprimées. Il serait escompté que George soit le principal bénéficiaire du butin qui était distribué mais une partie d'Henry hésitait, ne voulant pas être trop généreux envers George.

Il ne pouvait pas oublier ce que Smeaton lui avait dit.

George était peut-être innocent d'inceste avec Anne mais ses crimes avec Smeaton étaient tout aussi infects et tout aussi contre nature. Si Henry avait appris leur relation un mois plus tôt, il aurait ordonné que les deux hommes soient arrêtés et inculpés pour leur crimes, crimes qui mériteraient leurs exécutions s'ils étaient reconnus coupables, mais il ne pouvait plus le faire maintenant.

De la même manière qu'il ne pouvait pas annuler son mariage avec Anne sans que son peuple ne présume que la seule raison derrière cela était qu'il n'avait pas pu l'exécuter, toute allégation qu'il ferait contre les hommes qui avaient été accusés avec elle serait présumée être un prétexte pour se débarrasser d'eux, une punition pour le fait qu'ils étaient des amis pour Anne, plutôt qu'une évidence de culpabilité.

De même que, s'il devait avoir un quelconque espoir de pouvoir connaître une relation cordiale avec Anne dans le futur, sans parler de quelque chose de plus que cela, il ne pouvait pas condamner son frère, même s'il savait qu'il était coupable. Anne ne voudrait pas croire que son grand frère adoré était capable de commettre un tel crime et George était sûr de nier tout si elle l'interrogeait à ce sujet, lui assurant qu'Henry était le menteur, pas lui.

Et Anne croirait George, présumant que cela était une tentative de la blesser de part d'Henry.

Etant donné les circonstances, Henry ne pouvait pas entièrement en vouloir à Anne si son inclination était de prendre le parti de son frère plutôt que le sien mais cela était quand même difficile pour lui de savoir qu'il devait non seulement laisser les crimes de George impunis mais aussi récompenser son beau-frère et faire semblant de le favoriser.

“…et il n'y a plus qu'un autre point, Votre Majesté – ou, plutôt, deux autres points.” La voix d'Audley interrompit le train de pensées d'Henry et il se tourna pour regarder l'autre homme, attendant qu'il élabore. “Maître Cromwell et Lady Rochford, Votre Majesté. Ils ont été confinés dans leurs appartements ces trois derniers jours. Votre Majesté a-t-elle décidé de ce vous souhaitez faire avec eux?”

Une autre question qui pesait sur Henry.

Avec Cromwell, il savait qu'il devait punir son ancien Chancelier, et qu'il était nécessaire pour lui de le faire publiquement, pour montrer à son peuple qu'il ne cautionnait pas les actions de l'homme. Il était très probable que Cromwell ait seulement agit comme il l'avait fait par désir de faire plaisir à son souverain, sachant à quel point il voulait être libre de son union avec Anne afin de pouvoir épouser Jane et avoir un nouveau départ avec elle et sachant que trouver des raisons acceptables pour une annulation pourrait être plus difficile que ce qu'ils avaient prévu initialement, mais Henry ne pouvait pas s'autoriser à montrer de l'indulgence, peu importe quelle ait été l'intention de Cromwell. S'il le faisait, cela équivaudrait à une admission qu'il approuvait les actions de Cromwell et c'était une impression qu'il ne pouvait simplement pas se permettre de donner.

Avec Lady Rochford, il aurait pu montrer de la compassion dans une certaine mesure, mais c'était sans compter les ennuis que ses mensonges avaient aidé à lui causer. Il pouvait comprendre que la femme avait dû être profondément blessée et humiliée d'apprendre que son mari avait quitté son lit pour pouvoir être l'amant d'un autre homme mais cela ne justifiait pas sa décision de traîner Anne dans l'affaire, punissant sa belle-sœur pour une chose avec laquelle elle n'avait rien à voir. Si Lady Rochford lui avait rapporté les actions de son époux, Henry se serait chargé du problème, aurait amené Smeaton et George devant la justice pour leurs crimes et veillé à ce que Lady Rochford ne souffre aucune perte de sa dot ni de ses droits de douaire aux mains de la famille de son époux, qui aurait été furieuse de la honte qu'elle aurait amenée sur le nom Boleyn et qui aurait eu envie de se venger en la privant de son droit en tant que veuve de George, s'ils pensaient pouvoir se le permettre.

En mentant, elle avait perdu sa chance de gagner un juste châtiment et, à la place, elle s'était condamnée.

Les deux avaient eu leurs raisons de mentir, des raisons qu'Henry pouvait comprendre, mais cela ne changeait pas le fait qu'ils avaient menti, cela n'atténuait pas non plus le fait que leurs mensonges auraient condamné des personnes innocentes à mort. C'était quelque chose qui ne pouvait pas être ignoré ni pardonné.

Il allait falloir s'occuper d'eux.

“Rédiger les ordres pour les faire arrêter et enfermer dans la Tour.” ordonna-t-il à Audley. “Ils doivent y être emmenés avant la fin de la journée.”

Aucun des deux ne serait autorisé à passer une autre nuit sous le toit de Whitehall.
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:52

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Nan Saville était à peine arrivée de retour au palais, se présentant dans les quartiers de la Reine pour reprendre ses fonctions de dame de compagnie, comme cela avait été ordonné, qu'Anne lui avait demandé de l'accompagner dans les jardins pour qu'elles puissent marcher ensemble.

Le renvoi de Madge Shelton avait également été annulé et elle était attendue de retour à la cour demain ou dimanche au plus tard. Anne avait hâte d'avoir à nouveau sa cousine dans sa domesticité, sachant que dans sa position, elle avait besoin de tous les amies fidèles qu'elle pouvait avoir, mais Nan était la première à être revenue et peut-être la seule personne ayant été à la cour après son arrestation qui pouvait être digne de confiance pour être totalement honnête avec elle sur ce qu'il s'était passé, n'essayant ni de minimiser les problèmes dans l'espoir d'apaiser Anne ni d'exagérer les détails de ce qu'il s'était passé en son absence afin de détruire sa tranquillité d'esprit.

Deux autres dames les accompagnaient dans les jardins mais elles marchaient à une distance respectueuse derrière elles, leur permettant de converser calmement sans crainte d'être écoutées.

Anne hocha distraitement la tête en réponse à l'expression sincère de plaisir de Nan devant le fait qu'elle avait été libérée de l'emprisonnement, sauvée de la mort et restituée à son ancienne – sa légitime – position mais elle n'écoutait que d'une oreille, ses pensées préoccupées par d'autres inquiétudes.

“…J'ai essayé d'obtenir une place dans la domesticité de la Princesse, afin de pouvoir veiller sur elle, comme vous l'aviez demandé.” expliqua Nan sur un ton d'excuse, ses mots détournant l'attention d'Anne de ses rêveries. “Mais cela m'a été refusé. J'allais réessayer, cependant, quand les choses se sont calmées.” Ajouta-t-elle. Il était clair, de par l'expression sur son visage, qu'elle regrettait profondément le fait d'avoir été incapable de faire plus pour la petite Elizabeth, l'empêchant de s'acquitter de la tâche dont Anne l'avait chargée et de prendre soin de l'enfant quand sa mère n'en était plus capable, mais elle avait vraiment fait tout ce qu'elle pouvait pour essayer d'obtenir une place dans la domesticité de l'enfant, ne voulant pas décevoir sa maîtresse.

Malheureusement, étant donné les circonstances, la dernière chose que le Roi ou Maître Cromwell avait l'intention de faire était d'augmenter le nombre de personnes s'occupant de la petite princesse, maintenant que sa mère était déshonorée. Au contraire, il était prévu que la domesticité d'Hatfield, le petit établissement qui avait été mis en place pour Elizabeth quelques mois avant sa naissance, soit drastiquement réduite.

“Puis il m'a été dit que ma présence dans la domesticité de Votre Majesté n'était plus requises et que j'allais devoir quitter la cour.” finit-elle doucement.

“Je comprends.” dit Anne, souriant un peu pour rassurer Nan qu'elle ne lui en voulait pas pour son incapacité à obtenir une place en tant que dames d'Elizabeth. Comment le pourrait-elle? A la suite de son arrestation, il avait été probable que plus de quelques servantes d'Elizabeth allaient sérieusement considérer l'idée de chercher à démissionner de leurs fonctions, sachant qu'il était peu probable que cela leur fasse du bien si elles restaient liées à la fille du Roi avec l'épouse qu'il avait condamnée pour adultère, partageant l'exile de la cour de leur petite charge. Que Nan ait été disposée à chercher à quitter la cour, de même que la perspective d'une place dans la domesticité de Maîtresse Seymour, afin de rester avec Elizabeth et de veiller sur elle, disait beaucoup sur son caractère mais cela n'était pas plus que ce à quoi Anne se serait attendue de l'une des membres la plus gentille et la plus fidèle de sa domesticité.

Cela ne lui échappait pas non plus que c'était probablement la requête de Nan pour servir Elizabeth, quelque chose qui aurait été considéré comme preuve d'où était vraiment sa loyauté, qui avait mené à ce qu'elle soit choisie comme l'une des dames devant être congédiées afin de faire de la place pour les sœurs des Seymour. Tout du moins, cela aurait été un facteur contribuant.

Anne était touchée de savoir que, malgré sa disgrâce, Elizabeth et elle avaient toujours eu quelqu'un qu'elles avaient pu considérer comme une amie fidèle.

“Avant d'être renvoyée, Nan, avez-vous entendu quoi que ce soit sur ce que le Roi avait l'intention de faire concernant notre mariage – et concernant la position d'Elizabeth? Je vous en prie, dites-moi la vérité. J'ai besoin de savoir.” ajouta-t-elle quand Nan hésita, peu disposée à la blesser avec une réponse qu'elle savait serait douloureuse pour elle. Elle devait connaître toute l'histoire de ce qu'il s'était passé en son absence.

Anne avait déjà questionné Cranmer sur le sujet, arrachant à l'homme un aveu à contrecœur qu'il lui avait été demandé d'investiguer la validité de son mariage avec Henry après qu'elle ait d'abord été arrêtée. Il n'avait pas dit ouvertement qu'il lui avait été clairement fait comprendre qu'il n'y avait qu'un seul verdict qu'il pouvait remettre, un seul verdict qui serait acceptable pour le Roi qu'il servait.

Elle pouvait imaginer que Cromwell ou Brandon ou peu importe qui avait donné ses instructions à Cranmer lui avait fait clairement comprendre qu'il ne lui était pas demandé d'investiguer la validité de son mariage, mais qu'il lui était ordonné de trouver des motifs au pourquoi il devrait être dissout, et personne n'était très inquiet du fait que les motifs soient plausibles ou non.

“Il y avait des rumeurs, Votre Majesté,” avoua Nan à contrecœur, sachant qu'Anne était aussi consciente qu'elle que les rumeurs contenaient souvent une bonne partie de vérité, quelque chose qui était certainement le cas cette fois. Elle ne voulait pas causer de la souffrance à sa maîtresse, quelque chose qu'elle avait beaucoup trop enduré ces derniers temps, mais elle lui devait d'être honnête. “Personne n'en parlait ouvertement, du moins pas devant moi ni les autres dames, mais que je pense que tout le monde savait que ce n'était qu'une question de temps avant que l'Archevêque Cranmer ne déclare que le mariage de Votre Majesté avec le Roi n'était pas un mariage véritable.”

Anne acquiesça avec compréhension, un sourire ironique tirant sur les coins de sa bouche; bien qu'elle savait comme le sujet était sérieux, elle pouvait quand même trouvé un faible amusement dans l'ironie.

Henry n'avait-il pas été conscient du fait que si leur mariage était déclaré invalide, s'il était déclaré qu'elle n'avait jamais été son épouse ni la Reine d'Angleterre, elle n'aurait pas pu avoir commis d'adultère? Est-ce que son avocat rusé de Cromwell et lui ne comprenaient pas que si elle n'était pas légalement l'épouse d'Henry, si elle n'était pas véritablement la Reine, les liaisons de la Marquise de Pembroke ne seraient pas un problème de trahison et son exécution, et celles des hommes, serait un meurtre et non la juste punition pour un crime, même s'ils avaient été amants?

Ou était-ce qu'ils savaient mais ne s'en souciaient simplement pas?

Etait-ce qu'Henry était tellement désespéré de la punir, par tous les moyens possibles, qu'il voulait s'assurer qu'Elizabeth serait dépouillée de son droit d'aînesse afin de pouvoir honorer les marmots moins que rien que la donzelle de Seymour parviendrait à mettre bas pour lui devant leur magnifique, intelligente et remarquable enfant, même si cela signifiait qu'il devait déformer la loi pour y parvenir, même si cela signifiait transformer sa longue lutte pour dissoudre son union avec Katherine afin de pouvoir l'épouser en un effort inutile?

“Qu'en était-il d'Elizabeth?” demanda-t-elle, même si elle connaissait déjà la réponse. Il ne fallait certainement pas une grande intelligence pour comprendre que si son mariage était déclaré comme étant invalide, son enfant serait désignée comme illégitime. “Qu'allait-il lui arriver?”

“La Princesse Elizabeth était toujours à la cour, Votre Majesté, comme vous le savez,” commença Nan, prenant plaisir à souligner le titre de la petite princesse, de même que la manière séante de s'adresser à Anne, sachant à quel point elles avaient toutes les deux été proches de perdre leurs positions. “Mais le Roi avait donné l'ordre qu'elle devait rester loin de sa vue, et être confinée dans ses appartements. J'ai demandé l'autorisation de la voir, mais cela n'a pas été permis. Peu de personne ont essayé de rendre visite à Son Altesse.” ajouta-t-elle avec regret, se souvenant du sentiment de pitié qu'elle avait eu pour la petite Elizabeth, une enfant innocente qui allait non seulement perdre sa mère et son statut mais qui allait également être ignorée par son père qui l'adorait autrefois et par les courtisans qui, quelques mois plus tôt, étaient trop pressés d'admirer l'enfant lorsqu'elle était amenée à la cour, sachant que cela plaisait au Roi d'entendre sa petite fille applaudie.

“Je vois.” dit doucement Anne. “Merci d'avoir essayer de la voir, Nan. J'apprécie réellement. Mais il y a plus, n'est-ce pas?” Le visage de Nan le lui disait, même si sa langue était réticente à prononcer les mots.

“Oui, Votre Majesté.” approuva Nan. Bien qu'elle était réticente à parler du sujet, sachant que sa nouvelle était sure de fâcher et de bouleverser Anne, cela était quelque chose dont elle devait parler. Il était généralement accepté que la position d'Anne en tant que Reine était garantie à vie, mais les dernières semaines avaient fait ressortir une autre menace, une menace qui ne pourrait peut-être pas être entièrement neutralisée, et si Anne devait avoir un quelconque espoir de se défendre, elle-même et son enfant, elle devait être prévenue. Il serait injuste d'essayer de le lui cacher. “Après votre arrestation, beaucoup de personnes parlaient de Lady Mary, faisant ses éloges auprès du Roi. Il était connu que Maîtresse Seymour avait de bonnes intentions envers elle et beaucoup de personnes s'attendaient à ce que, une fois que vous seriez… une fois que cela serait fini, il ne faudrait pas longtemps pour qu'elle parvienne à persuader le Roi de l'accueillir à nouveau à la cour et à la restaurer en tant que Princesse, et en tant qu'héritière jusqu'à ce qu'un fils naisse. Il était connu que des personnes écrivaient des lettres à Lady Mary, promettant leur amitié et leur soutien – et il y en a mêmes quelques-uns qui ont fait le voyage jusqu'à Hatfield pour lui rendre visite.”

“Le Roi en était-il au courant?” demanda Anne, alarmée par ce qu'elle entendait.

“Je pense qu'il devait l'être, Votre Majesté.” dit doucement Nan, pensant que même si les gens essayaient de garder leurs visites à Lady Mary secrètes, Maître Cromwell aurait indéniablement appris leurs activités et aurait communiqué l'information au Roi. “Je ne pense pas que Maîtresse Seymour gardait secret son désir de voir Lady Mary ramenée à la cour après…”

“Après leur mariage.” termina sèchement Anne.

“Mais le Roi n'a jamais donné une quelconque indication qu'il envisageait l'idée de restaurer Lady Mary,” ajouta hâtivement Nan, détestant voir l'expression troublée sur le visage d'Anne. “Il n'y avait aucune nouvelle concernant le fait qu'il effectuait les démarche pour faire d'elle une princesse à nouveau. Lady Mary est restée à Hatfield pendant que le procès était en cours, et le Roi n'a jamais dit quoi que ce soit sur le fait de l'inviter une nouvelle fois à la cour… bien que je crois qu'il a ordonné qu'elle soit autorisée à avoir des serviteurs pour elle.” Admit-elle à contrecœur, incapable de minimiser la signification de cet ordre, même dans son esprit.

Nan avait été là quand le Roi avait annoncé que le nourrisson Elizabeth allait avoir son propre établissement à Hatfield, comme il convenait à une enfant qui était la Princesse d'Angleterre et, pour le moment en tout cas, l'héritière du trône. Son ton avait été détaché lorsqu'il avait annoncé que sa fille aînée serait l'une de des dames qui s'occuperaient de la princesse bébé, disant qu'elle devait connaître sa nouvelle position. Il avait voulu souligner son statut de bâtarde et s'assurer qu'il était clair pour elle et tous les autres que Mary n'était plus une princesse, n'avait plus droit aux statut et à la déférence dont elle avait joui en la plaçant à une humble fonction dans la domesticité de sa nouvelle sœur, refusant de lui autoriser de quelconques servantes pour elle et insistant qu'elle devrait être une servante elle-même.

S'il était prêt à modifier la situation de Mary, à améliorer son sort, était-ce une indication qu'il ne faudrait plus longtemps maintenant avant que son statut ne s'améliore? Etait-ce le premier pas vers la restauration de Mary en tant que princesse?

Anne ne pouvait pas écarter la possibilité.

Mary ne pouvait pas devenir Reine, elle le savait.

Elle ne pouvait pas oublier les cauchemars récurrents qu'elle avait eus sur le fait d'être brûlée vive aux mains de Mary. Si quelque chose arrivait à Henry, et que sa belle-fille devenait Reine à la place d'Elizabeth, Anne pariait que ni elle ni sa fille ne pourrait s'attendre à vivre bien plus longtemps. Si aucun prétexte ne pourrait être trouvé pour qu'elles soient exécutées, alors il serait inévitable qu'elles soient assassinées, soit sur ordre de Mary ou alors par quelqu'un d'autre qui espérerait gagner les faveurs de la nouvelle Reine en la débarrassant à la fois de sa jeune demi-sœur et rivale et de la femme qu'elle blâmait certainement pour la rupture du mariage de ses parents et le fait qu'elle ait été déclarée illégitime.

Anne ne permettrait jamais que cela se produise.

Elle était la mère d'Elizabeth et elle la protégerait.

Afin d'y parvenir, elle devrait s'assurer que la position de son enfant était protégée et c'était ce qu'elle allait faire.
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:53

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Cromwell avait accepté que son arrestation et son emprisonnement étaient inévitables.

Il connaissait le Roi assez bien pour savoir qu'il ne lui serait pas permis d'en réchapper impuni. Même s'il y avait une partie d'Henry, quoi qu'enterrée profondément, qui comprenait que Cromwell avait agi comme il l'avait fait par désir de s'assurer que la liberté qu'il convoitait lui soit accordée et parce qu'il avait reconnu que le retrait d'Anne pourrait s'avérer nécessaire s'ils souhaitaient poursuivre l'alliance Impériale, même si une partie de lui était reconnaissante que son fidèle serviteur avait essayé de tant faire pour lui et rechignait à l'idée de le punir pour cela, cet instinct serait impitoyablement réprimé, surtout après la façon dont le peuple avait réagi à ce qu'il se passait.

Le Roi ne se pouvait pas se permettre d'être blâmé pour cela, ce qui signifiait que Cromwell devrait être offert comme bouc émissaire, pour satisfaire la foule qui criait contre ceux qui avaient essayé d'amener Anne à l'échafaud et qui ne serait contente que lorsqu'elle aurait vu que quelqu'un payait le prix pour ce qui était arrivé.

“Je veux que le peuple aime sa nouvelle Reine autant que je l'aime.” Henry avait parlé doucement, mais il y avait une note déterminée dans sa voix, qui envoya un frisson le long de la colonne vertébrale de Cromwell, alors qu'il savait sur qui on compterait pour veiller à ce que le peuple Anglais accueille Anne comme il le voulait et qui pourrait facilement se retrouver blâmé si cela n'était pas le cas. “Et si je peux l'aimer, pourquoi pas eux?”

Le Roi avait peut-être réussi dans son objectif d'écarter Katherine et d'épouser Anne, qui était déjà enceinte de leur premier enfant, mais il ne pouvait pas ne pas voir le fait que le peuple n'avait pas accueilli sa nouvelle femme à bras ouverts, malgré son état et l'espoir qu'elle leur apporterait enfin un prince. Anne pouvait devenir Reine par sa volonté mais il ne pouvait pas forcer son peuple à l'accepter ni à l'accueillir et il le savait.

Autant aimait-il Anne, il ne pouvait pas forcer les autres à ressentir la même chose à son égard.

Cela n'était pas ce qu'il voulait entendre, cependant, et Cromwell était un homme trop malin pour dire quoi que ce soit de la sorte. A la place, il se contenta de rassurer. “Je peux assurer Votre Majesté qu'ils l'aimeront.” promit-il, essayant d'avoir l'air confiant, sachant qu'Henry voudrait le croire lorsqu'il le disait. “Et ils en auront toutes les raisons.”


Ils n'avaient pas accueilli Anne évidement, et Cromwell ne s'était pas vraiment attendu à ce qu'ils le fassent, malgré le fait qu'il ait fait en sorte qu'aucune dépense ne soit refusée en ce qui concernait son couronnement, dans l'espoir que le peuple serait suffisamment satisfait par l'apparat et par la nourriture et le vin gratuits qu'ils seraient incités à acclamer Anne, si même seulement un jour. A la place, les rues avaient presque été désertes et le peu de personne qui étaient apparues dans les rues avaient accueilli Anne avec un silence qui exprimait leur désaccord de façon plus éloquente que des mots ne le pourraient jamais.

La loyauté du peuple avait été avec Katherine et ils avaient eu peu de patience pour la femme qui, percevaient-ils, usurpait la place de la femme qu'ils considéraient toujours comme leur Reine légitime. Même le fait qu'elle ait été visiblement enceinte n'avait pas adouci leurs sentiments envers elle, car ils avaient toujours vu Lady Mary comme l'héritière légitime du Roi, pas l'enfant qu'Anne portait.

Comme Cromwell l'avait escompté et redouté, ils n'avaient pas pu être forcés à l'aimer, pas à l'époque.

Ce n'était que maintenant que le peuple acceptait Anne dans leur cœur, prenant parti avec elle contre ceux qui voulaient lui faire du mal.

Cromwell n'était pas connu pour son sens de l'humour mai lui ne pouvait pas réprimer un sourire sinistre devant l'ironie. Trois ans plus tôt, il aurait été enchanté de voir que le peuple Anglais accueillait Anne comme leur Reine lorsqu'elle traversait les rues de Londres pour son couronnement, sachant que s'ils l'acceptaient en tant que telle, ils accepteraient l'enfant qu'elle portait comme l'héritier légitime du Roi, supplantant Mary à moitié Espagnole, une fille qui garantissait presque d'amener l'Inquisition en Angleterre si elle s'asseyait sur le trône, écrasant leur réforme et attelant à nouveau l'Angleterre à Rome. Maintenant, cependant, quand le peuple avait finalement accepté Anne, c'était quelque chose qui travaillait contre lui plutôt qu'en sa faveur, alors qu'ils hurlaient contre lui car il avait menacé sa vie, exigeant qu'il soit obligé de payer pour ce qu'il avait fait.

Il savait qu'il ne faudrait plus longtemps maintenant pour que les soldats apparaissent sur le seuil de ses appartements – des pièces plus petites et plus simples que celles qu'il avait cédées aux Seymour, pensant faciliter la cour du Roi auprès de Lady Jane, ne réalisant pas qu'Henry serait mécontent de voir de l'attention attirée sur son amour pour la dame, car il avait toujours été capable de se convaincre que personne à la cour n'était au courant – portant un mandant d'arrêt avec son nom dessus et lui disant qu'il allait être conduit à la Tour, pour être détenu selon le bon plaisir du Roi.

La seule question dans son esprit était combien de temps il pouvait s'attendre à être emprisonné et quelles accusations le Roi retiendrait contre lui.

Selon ses calculs, le meilleur scénario possible serait qu'il soit détenu sans procès durant une période de plusieurs semaines ou mois ou même années, sans que des accusations officielles ne soient portées contre lui. Le Roi serait capable de satisfaire le désir de son peuple de voir une punition infligée en l'ayant confiné dans la Tour mais il se souviendrait des années de service loyal de Cromwell, se souviendrait de l'homme qui était prêt à faire quoi qu'il faille afin de lui faire plaisir et plus tard, quand les choses se seraient un peu calmées et que les sentiments ne seraient plus aussi exacerbés, il ordonnerait discrètement sa libération, l'autorisant à prendre sa retraite dans la campagne, ou peut-être à quitter tout à fait l'Angleterre.

Cromwell pensait qu'il aimerait peut-être vivre à Nuremberg, une ville réputée pour être dirigée entièrement par des réformateurs, libre de la superstition papiste. Il pourrait être heureux dans un tel endroit, et un homme avec ses capacités serait toujours capable de trouver un emploi, même s'il ne pourrait pas espérer gagner un poste aussi élevé que celui qu'il avait perdu.

Il pourrait également se retrouver accuser de parjure, ou d'un crime semblable et, si cela était le cas, il serait susceptible d'avoir une lourde amende et d'être emprisonné pour une période de plusieurs années au moins avant de pouvoir être relâché.

Ou il pourrait être accusé de trahison.

Cromwell était avocat de formation et il était très familier avec la loi en ce qui concernait la trahison.

Comploter ou imaginer la mort du Roi, de son épouse ou de son fils aîné était un acte de haute trahison, passible de mort. Il avait aidé à falsifier les informations qui avaient mené à ce qu'Anne soit reconnue elle-même coupable de trahison, et cela avait presque conduit à son exécution, mettant indirectement sa vie en péril. Il l'avait peut-être fait par le biais de voies juridiques plutôt que d'avoir manigancé pour la faire empoisonner ou quelque chose du genre, mais il avait tout de même tenté de provoquer la mort de la Reine d'Angleterre et cela avait le caractère de la trahison.

Dans d'autres circonstances, il se serait peut-être appuyé sur sa bonne connaissance de la loi pour se disculper et cherché à argumenter qu'Anne n'était pas vraiment Reine et qu'il n'y avait pas de trahison dans le fait de tenter de tuer la maîtresse du Roi, mais cela ne lui sauverait pas la vie. Il avait rédigé les Actes de Succession et de Suprématie lui-même et, en vertu de la loi, toute tentative de nier la validité du mariage du Roi avec Anne ou de remettre son titre de Reine en question était également un acte de haute trahison, aussi passible de mort. Il s'était assuré que la loi soit en béton lorsqu'il l'avait rédigé, ne pensant jamais que cela se retournerait un jour contre lui.

Si le Roi cherchait à retenir une accusation de trahison contre lui, il serait exécuté.

Il ne pouvait que prier pour que le Roi lui montre assez de clémence pour se contenter d'une accusation moindre, une accusation qui lui permettrait d'en réchapper avec sa vie.

Il entendit des pas dans les couloirs et, bien qu'il ne se leva pas, il lissa sa tunique, repoussant des cheveux errants de sorte que, quand ils entreraient, il aurait au moins l'air présentable, comme le Seigneur Chancelier calme et maître de soi qu'il était la semaine dernière, plutôt que comme un homme désespéré qui avait de bonnes raisons de craindre pour sa vie. Il avait encore sa fierté au moins.

Ils ne prirent pas la peine de frapper avant d'entrer dans la pièce.

“Maître Cromwell.” De tous les hommes que Cromwell avait soupçonnés qui pourraient lui être envoyés, il n'avait pas anticipé que Brandon serait l'un d'eux – quoi que, en y réfléchissant, cela était sensé que Brandon souhaiterait prouver sa loyauté et mettre autant de distance possible entre lui et l'investigation contre Anne. Peut-être qu'il était approprié que l'homme qui avait été envoyé pour apporter à Anne la nouvelle de son arrestation soit celui qui venait lui dire que c'était à son tour d'être emmené à la Tour.

Il se leva, inclinant sa tête par déférence pour le rang de duc de l'autre homme. “Votre Grâce.” Au moins il pouvait prendre un peu de réconfort dans le fait que Brandon semblait aussi malheureux de remettre le message que ne l'était Cromwell de le recevoir. Il aurait eu aussi envie de voir Anne partir, envie de voir le Roi libre de se remarier, préférablement à une femme qui serait chaleureusement disposée à l'égard de Lady Mary. “A quoi dois-je ce plaisir?” demanda-t-il, son ton teinté de la plus faible note d'ironie.

Brandon déroula à contrecœur le parchemin qu'il tenait. “Maître Cromwell, voici un mandat pour votre arrestation. Je suis ordonné par le Roi de vous conduire à la Tour immédiatement.”

“Je vois.” répondit doucement Cromwell. “Sous quel chef d'accusation, Votre Grâce?”

Les yeux de Brandon répondirent à sa question avant que sa langue ne puisse exprimer les deux mots. Cromwell sentit son cœur se serrer et il lui fallut chaque once de maîtrise de soi qu'il possédait pour empêcher que son visage ne révèle un quelconque signe de détresse devant ces deux mots damnant.

“Haute trahison.”
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:53

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George vint la voir avant qu'elle ne soit emmenée.

Après ses jours d'isolement effrayé, la première émotion de Jane lorsqu'elle vit son visage fût une de reconnaissance et de soulagement que quelqu'un soit enfin venu la voir. Durant un bref et absurde instant, elle espéra même que George était peut-être là pour lui dire qu'il avait parlé au Roi en son nom, qu'il avait arrangé la situation et imploré pour que de la miséricorde lui soit montrée, demandant que, en tant que faveur pour lui, le Roi lui pardonne le mensonge qu'elle avait raconté quand elle avait été questionnée.

Plus que quiconque, George savait qu'elle avait de bonnes raisons de ressentir de la colère à son égard, et qu'elle ne devrait pas être condamnée trop durement si sa colère l'avait amenée à mentir. Même si Jane regrettait que son mensonge ait été utilisé pour condamner sa belle-sœur de même que son époux, elle l'avait su quand elle avait menti, elle avait été tellement heureuse de l'occasion de pouvoir se venger de tout ce que George lui avait fait qu'elle avait été prête à la saisir même si cela avait voulu dire qu'une personne innocente soit entraînée avec lui dans sa chute.

Si George était honnête avec lui-même, il devrait admettre qu'il portait au moins une part de responsabilité pour ce qu'il s'était passé, et s'il y avait une once de bonté, de miséricorde ou de charité dans son cœur, il lui pardonnerait et il voudrait faire ce qu'il pourrait pour veiller à ce que le Roi l'épargne. S'il était disposé à faire au moins cela pour elle, elle ne prononcerait un mot de protestation s'il souhaitait mettre un terme à leur mariage et la renvoyer vivre avec son père et elle ne soufflerait jamais un mot sur ses perversions contre nature, elle serait juste reconnaissante d'avoir échapper à un destin bien pire.

Cependant, quand elle vit le sourire suffisant tirer les coins de sa bouche, et l'expression froide dans ses yeux, elle sut qu'elle ne pouvait pas espérer qu'il prenne la parole pour elle.

“Je suis venu dire adieu, ma très chère femme.” lui dit-il, son ton malveillant contrastant avec ses mots mielleux. “Quelqu'un sera bientôt là pour vous, et puis vous serez sure d'aller dans la Tour.” Il lui sourit de manière narquoise. “Je pense que je vais demander à Maître Kingston de vous loger dans la cellule dans laquelle je suis resté durant mon séjour, cela semble approprié ne pensez-vous pas? Bien que, à moins que je ne me trompe grandement, votre séjour là-bas pourrait être bien plus long… si vous êtes chanceuse.”

Son sous-entendu était manifeste et Jane frissonna, terrifiée à l'idée qu'elle allait peut-être perdre sa vie à cause de son mensonge.

Elle n'était pas inconsciente du fait que le vent de l'opinion publique tournait beaucoup contre elle. Même avant que le Roi n'apprenne l'innocence d'Anne, elle savait que les gens parlaient contre elle, à la fois à la cour et dans les rues et les tavernes de Londres.

Quand elle avait menti, elle avait cru que, comme Anne était aussi impopulaire et comme il y en avait beaucoup qui seraient ravis d'être débarrassés de tout le clan Boleyn, ils seraient contents qu'elle ait fait sa partie dans la réalisation de leur ruine. Les courtisans qui espéraient voir les Seymour s'élever seraient heureux qu'elle ait aidé à paver le chemin pour eux et elle serait une héroïne pour les gens ordinaires, qui avaient toujours tant aimé Katherine et détesté Anne, parce qu'elle aurait été celle qui avait aidé à venger la défunte Reine.

A la place, elle avait été vilipendée.

A la cour, les gens l'avaient évitée et elle avait pu sentir leur désapprobation, sachant qu'ils parlaient d'elle dans son dos, la condamnant comme une épouse déloyale pour avoir fourni des preuves contre son époux, et comme une idiote pour avoir délibérément travaillé contre les Boleyn alors qu'elle était liée à eux par le mariage, alors que l'exécution de George et la confiscation de ses propriétés la laisseraient considérablement plus pauvre que durant son mariage. Le peuple ordinaire, qui avait reconnu l'injustice des accusations portées contre Anne et qui était indigné en son nom, condamnait Jane comme une épouse jalouse, proclamant que sa jalousie de l'affection naturelle de son époux envers sa sœur l'avait conduite à mentir à leur sujet dans l'espoir de se venger d'eux.

Si seulement Anne avait été la seule dont elle avait dû être jalouse!

Jane n'aurait certainement pas eu d'objection à l'idée que son époux jouissait d'une relation chaleureuse avec ses sœurs mais l'humiliation de savoir qu'il fuyait leur lit afin de pouvoir coucher avec Mark Smeaton à la place, préférant la compagnie d'un autre homme, et un roturier pour couronner le tout, à sa propre femme était insupportable. Elle avait su qu'elle ne pourrait pas espérer être libérée de son mariage d'une autre façon; son père avait été inflexible qu'elle épouserait George, se liant à la puissante famille des Boleyn et il avait dû racler les fonds de tiroir pour payer la grosse dot que le Comte de Wiltshire exigeait de l'épouse de son fils, vendant une partie de ses terres afin de garantir la somme nécessaire – et même là, le Roi avait été obligé d'en payer une partie. Si elle désertait George et retournait dans la maison de son père, son époux serait dans son bon droit s'il insistait pour garder sa dot, et son père pourrait difficilement se permettre de continuer à subvenir à ses besoins, encore moins de lui fournir une deuxième dot si George dissolvait leur mariage, la libérant pour prendre un second époux.

Même si le mariage d'Anne avec le Roi avait été annulé, ce qui aurait signifié qu'ils ne pourraient plus espérer un aussi bon retour sur l'investissement que sa dot représentait que ce qu'ils auraient pu souhaiter, son père aurait escompté qu'elle reste mariée à George, sachant que même si elle n'était plus la belle-sœur de la Reine, elle serait toujours l'épouse de l'héritier d'un comte et cela était un bon parti. Elle n'aurait pas été la bienvenue si elle était retournée à la maison, pas à moins de lui expliquer les raisons exactes du pourquoi elle avait besoin d'échapper à son mariage avec George et, même là, elle n'aurait eu aucune garantie qu'il n'aurait pas insisté que sa place était auprès de son époux, peu importe sa conduite, et ne l'aurait pas renvoyée directement là-bas.

Elle avait été prise au piège dans son mariage et, quand un moyen d'évasion s'était présenté, elle l'avais pris.

Et maintenant elle pourrait mourir à cause de cela.

“Vous êtes à blâmer aussi.” dit-elle à George avec colère, le détestant pour le sourire arrogant sur son visage, et pour le fait qu'il allait être libre, malgré ses crimes avec Smeaton, alors qu'elle allait perdre sa liberté et peut-être sa vie parce qu'elle avait menti. “Si vous aviez été un bon époux, j'aurais été une épouse aimante pour vous, et une mère aimante pour nos enfants, mais vous ne vouliez pas me laisser faire! Si je disais à qui qui ce soit ce que paysan et vous avez fait…”

“Mais vous ne pouvez pas.” George la coupa calmement. “Pas maintenant? Qui vous croirait? Qui croirait Lady Rochford, la femme qui était tellement jalouse de la sœur de son époux qu'elle a prétendu qu'ils étaient amants et qui aurait été prête à les voir mener à l'échafaud par jalousie? Peu importe que ce que vous direz, ils le qualifieront de mensonge malveillant et ils n'y donneront pas plus de crédibilité qu'ils n'en donnent aux divagations d'une folle.” nargua-t-il.

Elle sentit les larmes lui piquer les yeux mais elle ne les laisserait pas tomber, déterminée à ne pas lui permettre de voir à quel point ses mots lui faisaient mal. Tandis qu'ils entendaient le pas lourd des bottes des soldats dans le couloir, son cœur se serra mais le sourire de son mari devint très large et très victorieux.

Elle ne reconnut pas l'identité de l'homme qui lui lut le mandant pour son arrestation, elle n'essaya pas non plus de résister ni de protester quand ils lui dirent qu'elle devait emballer quelque affaires, les nécessités dont elle aurait besoin durant sa période d'emprisonnement et qu'elle devait se dépêcher car ils devaient partir avec la marée. Tout ce qu'elle pouvait voir était le sourire moqueur de George, tout ce qu'elle pouvait entendre était le triomphe dans sa voix lorsqu'il lui dit adieu, faisant une légère révérence dans sa direction avant de s'excuser, quittant la pièce et la laissant seule avec ses ravisseurs, ne leur demandant pas de veiller à ce qu'elle soit bien traitée, comme son rang l'exigeait, et ne regardant pas en arrière tandis qu'il partait.

Elle commença alors à rire.

Elle était consciente du fait que les hommes envoyés pour l'arrêter penseraient qu'elle avait perdu la tête, qu'ils se demanderaient peut-être si elle était capable de comprendre qu'ils allaient la conduire à la Tour et qu'elle n'allait peut-être pas la quitter en vie, mais elle ne pouvait s'arrêter de rire, même lorsque le souffle commença à lui manquer et que les larmes commencèrent à couler le long de ses joues.

Elle riait toujours lorsqu'ils l'emmenèrent au loin.
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MessageSujet: Re: Doute [En cours]   Dim 3 Aoû - 12:54

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21 Mai 1536

Henry s'était à moitié attendu à ce qu'Anne lui envoie un message plaidant la maladie le Dimanche matin, qu'elle refuserait de l'accompagner à la chapelle pour la Messe, malgré le fait que Dimanche était le jour où les gens ordinaires avaient l'autorisation d'assister au même service que le Roi et la Reine, debout à l'arrière de la chapelle pendant que la famille royale, de même que leurs courtisans, priaient et qu'ils s'attendaient certainement à la voir là, assise à ses côtés, comme ils l'avaient fait chaque semaine de leur mariage avant qu'elle ne soit arrêtée, à moins qu'Anne ne soit en couche ou qu'elle récupère d'une fausse couche. Cependant, elle n'envoya aucun message et quand il descendit à la chapelle, accompagné de plusieurs compagnons favoris, elle était là avec ses dames, tenant la petite Elizabeth par la main.

Il se figea quand il la vit, incapable de dissimuler son étonnement du fait qu'elle était là et, durant un instant, il sembla qu'elle n'avait jamais eu l'air plus belle ou plus digne. Le bleu foncé de sa robe faisait ressortir les nuances de ses yeux, la broderie argenté qui la ornait attrapait la lumière du soleil à chaque fois qu'elle bougeait, donnant l'impression qu'elle brillait comme une créature d'un autre monde. Ses cheveux étaient relâchés, couverts d'un voile argenté fixé par un diadème de saphirs et de diamants. Elizabeth était également habillée en bleu, ressemblant à une version miniature de sa mère, malgré le fait que ses cheveux étaient aussi clairs que ceux d'Anne étaient sombres, se comportant avec la solennité d'une enfant de plusieurs années son aînée.

Quand il lui offrit son bras, Anne le prit sans hésitation, l'autorisant à la conduire jusqu'au banc qu'ils partageaient habituellement, lui faisant un sourire qui le ravit jusqu'à ce qu'il voit qu'il n'atteignait pas ses yeux, qui ne montraient aucun signe de plaisir à sa présence, et il réalisa que le sourire était destiné au profit des gens qui regardaient, pas pour lui. Elle savait qu'ils voudraient voir que le couple royal était heureux ensemble et elle était prête à leur montrer ce qu'ils voulaient voir, même si elle ne le ressentait pas vraiment.

Il put à peine se concentrer sur le service que Cranmer menait, priant machinalement comme un homme somnambule, son attention dérivant constamment vers la femme assise à côté de lui, horriblement conscient du fait que, même si Anne était physiquement à moins d'un mètre de lui, elle aurait tout aussi bien être au Pays de Galles.

Rien dans son comportement ne pouvait être reproché.

Une partie de lui aurait préféré que cela soit le cas, car cela lui donnerait au moins un prétexte d'aller à sa recherche et de l'obliger à prendre part à une conversation avec lui, même s'il la réprimandait pour sa conduite inconvenante. Cela serait plus facile pour lui si elle lui donnait une raison valable de ressentir de la colère contre elle.

S'il pouvait être en colère contre elle, il n'aurait pas à se sentir coupable.

Il s'attendait à ce qu'Anne s'éclipse dès que le service serait fini, retournant dans ses appartements ou alors dans la nurserie d'Elizabeth, les seuls endroits où elle semblait passer son temps depuis qu'elle avait été relâchée de la Tour, mais elle le surprit encore quand elle resta, prenant Elizabeth par la main et la conduisant jusqu'à l'arrière de la chapelle, ses dames suivant rapidement derrière elle, l'une d'elles lui passant une pochette d'argent.

Elle s'était clairement préparée à cet effet; il y avait un groupe de personnes debout tout derrière, des hommes et des femmes dont les vêtements en lambeaux indiquaient leur pauvreté, tous attendant impatiemment Anne, leurs visages montrant leur gratitude avant même qu'elle n'ait commencé à distribuer l'argent.

Henry traîna derrière elle, observant et gardant ses distances. Quand Katherine était Reine, elle avait distribué de l'argent aux pauvres durant certains jours saints, un rituel qu'Anne avait continué après être devenue Reine. Cependant, alors que la distribution d'argent à des jours fixes était presque cérémoniale, ceci semblait bien plus spontané.

Anne passa devant la ligne des mendiants, posant des pièces dans les mains tendues, s'arrêtant occasionnellement pour parler aux personnes à qui elle donnait l'argent. Il ne pouvait entendre que des bribes de ce qu'elle leur disait mais de ce qu'il comprenait, elle s'interrogeait sur leur situation, leur demandant ce dont leurs familles et eux avaient besoin et promettant de les aider, de toutes les façons qu'elle pouvait.

Elizabeth observait avec de grands yeux, s'accrochant fermement à la main d'Anne, rayonnant avec joie quand sa mère lui posa quelques pièces dans sa main potelée afin qu'elle puisse les passer à l'une des personnes, un vieil homme qui s'inclina devant le bambin, lui embrassant sa petite main et les bénissant, elle et sa mère.

Aucun d'eux ne sembla remarquer qu'Henry était là. Leur attention était consacrée à Anne et Elizabeth et, quand Anne eut fini de distribuer l'argent et s'en alla avec ses dames, les gens restés derrière elle crièrent des bénédictions, souhaitant une longue vie prospère à la Reine et à la Princesse.

Ils ne mentionnèrent pas le Roi.



A suivre...
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